La ville de Tadmaït, située à 20 km à l'ouest de la ville de Tizi Ouzou a vécu hier une journée d'émeutes qui a duré toute la matinée.Les échauffourées se sont déroulées devant le siège de l'APC avant de s'étendre aux ruelles avoisinantes. Les manifestants étaient en fait venus observer un sit-in afin de dénoncer les procédures d'attribution des aides à l'autoconstruction. Celles-ci, considéraient-ils, étaient injustes et inéquitables. Ils reprochaient aux élus locaux d'avoir fait bénéficier des citoyens qui n'étaient pas dans le besoin alors que d'autres se sont vus rayés de la liste.
Selon des habitants des quartiers proches des émeutes, les gaz lacrymogènes ont envahi toute la ville de Tademaït. Jusqu'à midi, la tension demeurait encore perceptible. Par ailleurs, dans l'après-midi, certains manifestants n'avaient pas encore compris les raisons pour lesquelles leur action a été tournée en émeutes.
A noter également, que dans plusieurs communes, les élus se sont retrouvés empêtrés dans des conflits qui tournent justement à l'émeute à cause des procédures d'attribution de différentes aides. Le logement rural reste un point noir dans la gestion des collectivités locales. Dans certains cas, ces aides sont une source de rente et de corruption pour certains élus qui n'hésitent pas à faire payer le citoyen qui désire voir son nom inscrit sur la liste des bénéficiaires. Par ailleurs, il est à signaler que le recours à l'émeute et aux actions plus ou moins violentes demeure encore fréquent. Rien qu'en ce mois de Ramadhan, les villes de Tigzirt et Draâ Ben Khedda ont connu des actions similaires à cause de problèmes qui tardent à trouver des solutions.
Dans la ville littorale de Tigzirt, 60 km au nord de la ville de Tizi Ouzou, les habitants du quartier les Lotissements ont fermé le siège de l'APC ainsi que celui de la daïra durant toute une journée pour réclamer de l'eau potable. Durant les jours caniculaires, ces familles n'avaient aucune goutte d'eau dans les robinets pour des raisons qui relevaient du laisser-aller des élus et des services concernés locaux.
A Draâ Ben Khedda, c'est une autre cause qui a produit le même effet. Les citoyens habitant le quartier 400 Logements ont fermé le siège de l'APC pour dénoncer deux promoteurs immobiliers qui continuent de construire sur les espaces verts.
Enfin, ces actes de violence qui émanent de citoyens pourtant paisibles trouvent leur origine dans l'attitude méprisantes des responsables.
Les émeutes en question n'ont pas pour but de régler le problème, mais à exprimer le ras-le-bol des citoyens qui ont l'impression de prêcher dans le désert.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Kamel BOUDJADI
Source : www.lexpressiondz.com