Tizi-Ouzou - A la une

Eleveurs, moniteurs et revendeurs !



Missions - Les laboureurs traditionnels entreprennent aussi d'élever de petits b'ufs et les initier au travail pour les revendre ensuite.
Une paire de b'ufs prête à être utilisée pour le labourage coûte aujourd'hui jusqu'à 40 millions de centimes au niveau des marchés de bétail. Le prix peut paraître excessif pour de nombreuses personnes, mais très raisonnable pour les professionnels. Car, cette somme peut être récupérée en quelques mois de travail au vu de la forte demande de la part des villageois. «Avec 43 millions de centimes, je peux acheter une voiture en bon état !», s'exclame un jeune au marché de Tizi Ghennif (au sud de Tizi Ouzou). «Vous ne savez parler que de ferraille ! Sache d'abord que ces b'ufs sont opérationnels et peuvent travailler dans n'importe quelle parcelle même au pied de la montagne. Ils ont été entraînés pendant trois ans», répond le vendeur. Bien sûr que les non-initiés jugent ces prix exorbitants, car ces jeunes ne connaissent pas la valeur de ces b'ufs. En l'espace d'une heure, la paire est vendue au prix exigé. «Il faut plusieurs mois pour les entraîner et les habituer au travail. Ces b'ufs peuvent encore exercer pour au moins dix ans, c'est de la bonne race», affirme le vendeur. Ce dernier, la cinquantaine environ, achète de jeunes b'ufs, les élève pour ensuite les revendre au prix fort. «Je possède une autre paire avec laquelle je travaille. Ces b'ufs que j'ai vendus aujourd'hui, je les ai achetés il y a deux ans à 23 millions de centimes. C'est comme ça que je parviens à gagner convenablement ma vie», ajoute notre interlocuteur. Cette pratique remonte, en réalité, à plusieurs années et les habitants des villages ont toujours tenu à posséder deux ou trois paires de b'ufs, une pour leur travail et les autres destinées pour la vente. Entraîner les jeunes b'ufs au labour n'est pas une tâche aisée, mais nécessite de gros efforts et surtout beaucoup de patience. Les fellahs utilisent de petites charrues pour les initier graduellement, un exercice qui leur permet d'avoir une idée sur leurs prédispositions. Ensuite, les «apprentis» sont appelés à labourer de petites parcelles.
«Il y a certaines races de b'ufs qui s'intègrent facilement, alors que d'autres nécessitent une longue période d'apprentissage. Mais le vrai professionnel fait son choix à l'achat de ces jeunes b'ufs», explique le même interlocuteur. «Pour acheter une bonne paire de b'ufs, il faut se présenter très tôt au marché et être accompagné d'un vrai professionnel.
Pour les expérimentés, un simple regard leur permet de séparer le bon grain de l'ivraie», affirme un autre éleveur rencontré au même marché.
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