La lettre qu'il a remise en 1999, en mains propres, au président de la République, alors en visite officielle à Tizi Ouzou, a valu à Amar Zerar, gardien du centre pénitentiaire d'Azazga, une mutation à la prison de Laghouat, puis un licenciement. «Parce que j'ai refusé, à l'époque, de révéler le contenu de cette lettre au procureur général de Tizi Ouzou et au DG de l'administration pénitentiaire que je continue de faire l'objet d'acharnement», affirme Amar Zerar.
Mehdi Mehenni Alger (Le Soir) - Aujourd'hui, porte-parole de 588 gardiens de prison licenciés à partir de l'année 2001, Amar Zerar, accompagné d'une vingtaine de protestataires, a tenu, hier matin, un rassemblement devant la Maison de la presse Tahar-Djaout, du 1er Mai, à Alger. Si la majorité des protestataires «a été abusivement licenciée pour cause d'absences justifiées ou de congés de maladie», souligne Amar Zerar, son cas est plutôt unique et inédit. C'est une lettre qu'il a remise en mains propres, en 1999, à Abdelaziz Bouteflika, alors fraîchement élu président de la République et en visite officielle dans la wilaya de Tizi Ouzou, qui est à l'origine de son licenciement. La scène a eu lieu à la salle omnisports Saïd-Tazrout, dans la Nouvelle-Ville de Tizi Ouzou. Depuis, le contenu de cette enveloppe soigneusement emballée attise la curiosité de tous. Le lendemain de cet incident, Amar Zerar sera convoqué par l'ex-procureur général de Tizi Ouzou qui exige de lui de révéler le contenu de la lettre en question. Chose qu'il refusa. Une semaine après, c'est au tour du directeur général de l'administration pénitentiaire de le convoquer à Alger pour le même motif. Amar Zerar aura à l'égard de son supérieur la même attitude. «J'ai refusé de lui communiquer le contenu de la lettre et il m'a menacé en me disant que cela me coûtera très cher», affirmera Amar Zerar. Deux ans après, il sera muté à Laghouat. Lorsqu'il arriva sur place pour rejoindre son poste, il apprendra son licenciement. Cela s'est passé en un seul jour, toujours selon l'intéressé. C'est alors que le gardien de prison licencié entame une grève de la faim. Au bout de 11 jours et grâce au soutien de la société civile, Amar Zerar obtient une décision de réintégration signée par le ministre de la Justice de l'époque, Ahmed Ouyahia. Elle sera adressée à trois reprises à la direction de l'administration pénitentiaire, sans qu'elle soit jamais appliquée, affirme Amar Zerar. C'est à partir de 2001 que commence le long périple de ce citoyen, qui, au comble de son désespoir, demanda au président de la République de le déchoir de sa nationalité algérienne, puis en 2004 son acte de décès et celui de sa petite famille qu'il n'arrivait pas à nourrir. Le comble est que Amar Zerar passera des années après, à savoir le 6 juillet 2011 en commission du ministère, présidée selon lui par un conseiller du ministre de la Justice, Tayeb Belaïz, et à qui il a remis un dossier de 98 pages, détaillant son affaire. Depuis, ce dernier n'a non seulement obtenu aucune réponse favorable, mais en plus, le conseiller du ministre n'a pas, à son tour, résisté, selon toujours Amar Zerar, à la question qui depuis hante les couloirs de la justice : «Que contient la lettre '» Amar Zerar a refusé encore une fois de répondre, mais il jure de le faire bientôt, en public.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : M M
Source : www.lesoirdalgerie.com