Tizi-Ouzou - A la une

Des spécialistes de la santé s'expriment



Des spécialistes de la santé s'expriment
En marge de la 3e journée de pédopsychiatrie qui s'est déroulée au CHU Nédir-Mohamed de Tizi Ouzou, des spécialistes de la santé ont tenu à s'exprimer au sujet de la révision de la Constitution Mahmoud Ould Taleb, chef du service pédopsychiatrie de l'EHS Drid-Hocine d'Alger, s'est posé la question sur les raisons qui ont poussé à la limitation des membres de la commission de révision aux seuls magistrats. « Il aurait été plus judicieux de l'élargir à d'autres acteurs de la société civile comme la santé et l'éducation », estime-t-il pour la simple et bonne raison que la loi fondamentale devrait continuer à préserver le droit à la médecine gratuite pour tous les citoyens avec une complémentarité entre le public et le privé. M. Ould Taleb trouve aussi que certains articles du texte fondamental sont quelque peu désuets, à l'instar du code de la famille « alors que la Constitution garantit les libertés individuelles à tous les citoyens sans distinction de sexe ». Comme il soutient, en tant que spécialiste en psychiatrie, qu'il faudrait « accorder la liberté de culte et ériger l'amazighité en constante ». D'ailleurs, c'est par cette constante amazighe que le Dr Ali Touat, spécialiste en maladies infectieuses, signale qu'« on ne peut parler de constante amazighe si cette dernière ne trouve pas sa place entière dans la Constitution par son officialisation ». Le Dr Touat a surtout insisté sur les libertés individuelles « principe fondamental de toute démocratie, qui doivent prévaloir dans la prochaine Constitution ». Pour lui, libertés individuelles veut dire liberté de culte pour éviter toute exclusion synonyme d'extrémisme et de dérapage. Tout comme le professeur Ould Taleb, le Dr Ali Touat insiste sur les acquis des citoyens que sont la gratuité des soins et de l'école. Il espère que la révision de la Constitution « aboutisse à une constituante pour une deuxième république où la limitation des mandats sera consacrée ». Pour sa part, le Dr Messaoudi, psychiatre à l'EHS Fernane-El-Hanafi de Oued Aïssi, à Tizi Ouzou, souhaite que la révision du texte fondamental consacre toutes les libertés individuelles pour les citoyens algériens. « Sans ces libertés, il n'y aura pas de démocratie. Et sans démocratie, les aspirations citoyennes seront brimées », soutient-il. La limitation des mandats présidentiels est, selon lui, une forme de démocratie. « Ce qui se fait au sein des plus grandes nations du monde, notamment les plus avancées, est juste. Le mandat présidentiel se limite à deux mandatures et en cas d'échec du président, le pays ne sombrera pas dans le chaos », observe-t-il. Le professeur Brahim Boulassel, chef du service médecine légale du CHU de Tizi Ouzou, se dit également favorable à une révision du code de la famille qui doit « tenir compte de l'aspect de l'évolution de la société algérienne qui permet à la femme d'occuper parfois des fonctions dans la sphère du pouvoir ». Il souhaite aussi « la limitation des mandats présidentiels à deux, mais aussi la séparation du politique du judiciaire et du politique du religieux ». Il conclura sur la nécessité « d'impliquer toute la société algérienne dans cette révision et ne pas la confier aux seuls magistrats ou hommes de loi ».
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