Tizi-Ouzou - A la une

Des marchés à ciel ouvert !



Des marchés à ciel ouvert !
Phénomène ? Devant le laxisme des pouvoirs publics quant à une gestion rigoureuse des jardins publics, des commerçants informels ont fait de ces espaces des lieux d'exposition et de vente de divers produits.Sans nullement être inquiétés par les services de l'ordre, ces commerçants sont allés jusqu'à installer des étals de fortune à l'intérieur des jardins. La notion de «Bailek» (propriété publique) a bien trouvé sa concrétisation au milieu de cette anarchie qui s'est emparée, ces dernières années, de ces aires de repos et de détente. Les vendeurs à la sauvette qui ont été chassés des trottoirs, dans le cadre du programme de lutte contre ce phénomène, ont, donc, trouvé une solution de rechange. Au centre-ville de Tizi Ouzou, le jardin à proximité de la route menant vers le stade du 1er-Novembre est bien exploité par des dizaines de jeunes vendant notamment des vêtements d'occasion. C'est le cas également dans plusieurs autres villes du pays où ces commerçants s'adonnent à leur activité sans embarras aucun. «Nous ne dérangeons personne et nous ne gênons, surtout, pas la circulation automobile et celle des piétons. Au contraire, nous travaillons dans la sérénité la plus totale et nous arrangeons les citoyens au faible pouvoir d'achat», argumentent certains de ces vendeurs. Concernant la violation d'une aire de repos, ils estiment que leur présence ne change rien et qu'ils ne sont pas à l'origine de cette dégradation. «Que nous travaillions ici ou non, ces jardins restent dans cet état de délabrement. Au contraire, c'est grâce à notre présence qu'il y a de l'animation», insistent nos interlocuteurs. Au niveau de la capitale, le jardin public du Ruisseau (Hussein Dey) est «colonisé» depuis plusieurs années par des dellalate (vendeuses d'objets en or). L'accès est interdit aux simples citoyens qui désirent s'y détendre. «Nous avons peur qu'une bagarre se déclare, à tout moment, au milieu de ce brouhaha. Mieux vaut éviter, car des cas d'agression ont déjà été enregistrés par le passé contre des riverains», s'indignent certains habitants de ce quartier. Le silence des autorités, face à ce phénomène qui ne cesse de s'étendre, suscite le courroux des citoyens. «Comment se fait-il qu'on assiste impuissant à la transformation des jardins publics en des marchés à ciel ouvert?' Où est le droit des habitants à bénéficier de ces espaces de détente ' Ces commerçants sont-ils aussi incontrôlables qu'ils puissent imposer leur loi sur des centaines de milliers de citoyens '», s'interrogent nos interlocuteurs, appelant à la réhabilitation de ces jardins qui ont perdu leur vocation première au fil des années. Il est d'ailleurs quasi impossible de croiser des familles au niveau de ces aires de détente, en raison de la situation déplorable dans laquelle ils se trouvent. «On préfère rester chez nous plutôt que de subir des agressions ou entendre des obscénités. Quand on veut respirer de l'air frais, on s'éloigne carrément de la ville. Ce qui est sûr c'est qu'il est impossible qu'on puisse améliorer la vie urbaine et attirer des touristes étrangers sans parer à ces conditions lamentables», font remarquer, à juste titre, les citoyens rencontrés aux abords de ces jardins.


Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Nom & prénom
email : *
Ville *
Pays : *
Profession :
Message : *
(Les champs * sont obligatores)