Tizi-Ouzou - A la une

Des fermes inondées et des familles sauvées de justesse



Des propriétés agricoles et des unités industrielles ont été inondées par des eaux en furie. Pourtant un tel désastre aurait pu être évité si on avait procédé au nettoyage des oueds.Si le retour tant attendu des pluies automnales a été accueilli avec un grand soulagement par les citoyens, mais aussi par les responsables des secteurs de l'agriculture et de l'hydraulique, il n'en demeure pas moins que de nombreuses familles ont failli le payer de leur vie ces derniers jours. Ce fut le cas dans la commune de Tizi Ouzou, où des propriétés agricoles et des unités industrielles ont été envahies par des eaux en furie.
Un tel désastre aurait pu être évité. Et pour cause, aux abords du carrefour situé à la sortie-est de la ville de Tizi Ouzou, familièrement appelé "Carrefour de l'habitat", il existe un cours d'eau appelé Oued Aguemoune qui a toujours drainé de grosses quantités d'eau provenant des régions montagneuses environnantes.
Cette rivière est obstruée, depuis quelques années déjà, par des déchets de toutes sortes, suite à l'implantation d'une station de bus menant à la daïra de Béni Douala et surtout la construction de nombreux immeubles et commerces alignés tout au long de ce cours d'eau qui font que cet oued est devenu une véritable décharge d'ordures, de gravats et de ferraille, et ce, au grand dam des riverains qui ne savent plus que faire pour mettre fin à ce grave manque de civisme des nouveaux résidents et au laisser-aller de certains responsables locaux.
En fait, ces riverains n'ont pas cessé d'alerter les services communaux et surtout la Direction de l'hydraulique de Tizi Ouzou pour mettre fin à un tel massacre. En vain.
Finalement, leurs appréhensions ont failli tourner au drame la semaine passée, lorsque des pluies torrentielles se sont abattues sur la ville et que la rivière a fini par quitter son lit pour provoquer de graves inondations dans les fermes, les propriétés agricoles et des unités industrielles environnantes.
C'est ainsi que le propriétaire d'une ferme située à proximité de la station de bus de Béni Douala a vu déferler un véritable torrent qui a inondé les champs et les vergers, emportant une bonne partie du cheptel ovin.
"Dans la nuit du 23 au 24 octobre, j'ai perdu exactement 132 moutons et un tracteur emportés par les eaux alors que certains de mes ouvriers ont dû passer la nuit sur des dalles pour échapper au pire", avoue le propriétaire des lieux alors que les nombreuses boutiques attenant à la station de bus n'ont pas été épargnées par un tel déluge.
Plus loin, la ferme, l'huilerie et la briqueterie appartenant à la famille Zemirli n'ont pas échappé au sinistre et, là aussi, une famille résidant dans ladite ferme ainsi que certains ouvriers de la briqueterie ont dû être évacués.
"Ce qui est désolant, c'est que les nouveaux résidents n'ont pas hésité à couper des arbres qu'ils ont jetés dans la rivière et que des inconscients ont construit des cabanes de fortune et des poulaillers sauvages durant l'été, encombrant l'oued qui a dû sortir de son lit en hiver pour inonder tous les alentours. Les services de l'hydraulique, qui sont pourtant pourvus d'une police des eaux, ont été saisis par nos soins, l'année passée, pour intervenir face à un tel danger, mais rien n'a été fait", nous disent en colère les agriculteurs et les industriels du coin.
Pour rappel, lors des inondations de 2007, des citoyens avaient trouvé la mort dans la périphérie proche d'Oued Falli. il est certainement temps de procéder au curage de l'oued Aguemoune pour éviter d'autres tragédies durant cet hiver.

Mohamed HAOUCHINE
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