Il paraît que la facture des importations alimentaires est en légère baisse cette année. Dans cette nouvelle, on peut déjà trouver trois informations tout aussi importantes les unes que les autres. La première est évidemment que nous avons maintenant un «centre» qui nous donne des chiffres frais, pas ceux d'il y a trois ou quatre ans, il en donne même une lecture qui nous éclaire sur le sens des chiffres qu'il nous révèle.
La deuxième information est de nature à «rassurer» les Algériens et conforter les importateurs : on consomme toujours autant sinon plus. La baisse de 9,7% du prix de la facture alimentaire annuelle est due essentiellement à une baisse des importations des céréales et du sucre. La troisième information, tout le monde peut la comprendre avec plus ou moins de satisfaction : la facture alimentaire étant très importante dans les proportions qu'elle représente dans le volume global des importations, il va de soi que c'est la facture générale des importations du pays qui se voit ainsi en diminution.
Bien sûr, on a peut-être parlé trop vite. Les chiffres du Centre national de l'informatique des douanes (Cnis) couvrent les premiers mois de l'année 2012 et, en deux mois, tout peut encore basculer, même si la baisse est calculée sur la base de la facture, comparée à celle de 2011 à la même période, comme il est d'usage ! Des chiffres encore, mais cette fois, d'ordre démographique. Selon les spécialistes réunis dans un séminaire organisé par l'université de Tizi Ouzou, en partenariat avec l'université française de Haute Alsace, l'Algérie devrait sérieusement se préparer au phénomène du vieillissement de sa population.
A l'horizon 2040 donc, un Algérien sur cinq aura plus de soixante ans, ce qui représente sensiblement la même proportion que celle de la France actuellement. Trois informations et un souvenir. Le souvenir d'abord. Il n'y a pas si longtemps encore les Algériens étaient saoulés à longueur d'année par les 1200 kilomètres de côte de leur pays. Ils ont fini par découvrir, ahuris, que la Tunisie, un pays minuscule en a 1300 et que la Libye, juste un peu moins petit, en a 1400 !
La première info dans cette histoire est qu'il y a encore des universités algériennes qui organisent des colloques internationaux sur des sujets sérieux et en collaboration avec des universités sérieuses. La deuxième info, maintenant. ça fait aussi un demi-siècle que les Algériens se font shooter à la jeunesse de leur population. Ils ne sont pas nombreux à comprendre vraiment pourquoi on devrait jubiler du fait que 80% des Algériens ont moins de 30 ans, mais on nous a tellement rabâché que c'était un atout considérable pour le développement qu'on a fini par le digérer.
Et maintenant que les Algériens découvrent qu'ils ne sont pas si jeunes que ça, sur quel refrain viendra-t-on encore les faire danser ' La troisième et dernière info, enfin, est qu'on peut lutter contre le vieillissement de la population. On ne devait pas le savoir quand on nous chantait à tout-va que la majorité des Algériens sont jeunes.
On ne savait même pas que les choses pouvaient changer. On savait que les jeunes, comme tout le monde pouvaient vieillir mais pas... la population ! Sinon, on aurait peut-être construit plus de logements, d'écoles et d'hôpitaux pour mettre les... jeunes dans les meilleures conditions de procréation, puis leur assurer du travail qui leur permettra d'élever leurs enfants dans des conditions qui leur permettent rapidement de passer au stade de procréateurs. Pas très compliquée, la démographie, contrairement à L'Algérie.
laouarisliman@gmail.com
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Slimane Laouari
Source : www.letempsdz.com