Constat - Dans tous les secteurs d'activité, notamment chez les entreprises privées, on trouve des employés qui travaillent sans couverture sociale.
Et ce n'est, bien évidemment, pas un choix libre des concernés, mais la réalité du marché de l'emploi en Algérie a imposé cette réalité. Lorsqu'on frappe à toutes les portes et qu'on passe des années et des années au chômage, on finit par accepter d'exercer dans n'importe quel domaine sans demander aux patrons une déclaration à la sécurité sociale. Des jeunes fraîchement diplômés, des pères de familles contraints de décrocher un emploi pour pallier les besoins de la vie quotidienne, des personnes ayant perdu leur emploi après la fermeture des entreprises où elles travaillaient, des hommes, des femmes'le phénomène n'exclut, en effet, aucune catégorie sociale. Leur credo : vivre au jour le jour. Dans les chantiers de construction, les cafés et restaurants, le transport de voyageurs ou de marchandises, les salons de coiffure, les ateliers de confection, les écoles privées et même dans certaines petites entreprises privées, le droit des centaines de milliers de travailleurs à la couverture sociale est bafoué. Si cette situation arrange les affaires des patrons qui n'ont pas à s'acquitter de charges supplémentaires, les employés, eux, sont exposés à de multiples risques au quotidien sans compter qu'ils sont destinés à vivre dans la misère, une fois que le poids des années aura eu raison de leurs forces. Les concernés sont conscients de cette réalité, mais ils n'ont, malheureusement, qu'à la subir en silence. Car si quelqu'un ose revendiquer son droit, pourtant légitime, à la sécurité sociale, il risque de perdre son emploi. «Le patron nous a fait plusieurs promesses de nous déclarer à la sécurité sociale, mais rien n'a été fait depuis des années. A chaque fois, il nous raconte une histoire. Nous sommes à notre quatrième année dans cette entreprise et nous ne comptons aucune journée de couverture sociale. Allah ghaleb, nous sommes contraints de travailler pour subvenir à nos besoins, en attendant de décrocher des emplois où nous serons assurés», déplorent Hakim, Omar et Lakhdar, employés dans une entreprise de bâtiment à Tizi Ouzou. Et les risques ' Nos interlocuteurs se veulent plutôt fatalistes. «Nous travaillons et s'il nous arrive un accident, c'est le destin et on ne peut le fuir», disent-ils. Nos interlocuteurs ne sont qu'un petit échantillon de citoyens employés dans des chantiers à travers le territoire national et qui ne bénéficient d'aucune couverture sociale. Généralement, cette catégorie de citoyens acceptent de travailler dans ces conditions provisoirement, mais comme les chances de décrocher des postes dans des entreprises respectant la législation en vigueur sont très réduites, ils risquent de passer toute leur vie «à travailler au noir». Et ce n'est pas seulement les accidents du travail qui font peur, mais il y a aussi l'avenir de ces citoyens condamnés, à l'avance, de passer leur vieillesse dans le dénuement. Ils sont conscients de cette réalité, mais ils ne peuvent malheureusement rien faire pour y remédier'
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Mohammed Fawzi
Source : www.infosoir.com