Tizi-Ouzou - A la une

Des cadeaux pour les enfants subsahariens



Des cadeaux pour les enfants subsahariens
Jamais inquiétés par les citoyens, les migrants vivent leur quotidien au milieu des populations qui semblent les adopter sans difficulté.Comme il est de coutume, chez les populations locales, à l'approche de l'Aïd les citoyens sont de plus en plus enclins à aider l'Autre. Cette année, le réflexe encore plus que jamais vivace touche les migrants subsahariens présents en masse dans la ville de Tizi Ouzou. Leur présence a même dépassé les limites des grands centres urbains, mais elle est de plus en plus marquée dans les villages. A l'occasion de l'Aïd El Fitr de cette année, les enfants de ces «malheureux hôtes de l'Algérie» sont comblés de cadeaux et de jouets par les citoyens.L'Aïd ne concerne pas uniquement les enfants algériens, mais tous les enfants de l'humanité où qu'ils se trouvent. C'est, semble-t-il, l'avis de la majorité sur cette terre algérienne de Kabylie. Les enfants des migrants, même dans leur état, vivent l'Aïd avec les gens. Pour se convaincre de cet élan de solidarité presque instinctif chez les populations locales, nous avons fait un tour à travers les lieux où ces derniers se trouvent en force, généralement, pour quémander un peu d'argent et de la nourriture. Mais, cette occasion change tout. Ayant repéré les gares comme des lieux de passage de milliers de voyageurs, les subsahariens concentrent leur présence sur les lieux. Jamais inquiétés par les citoyens, ces derniers vivent leur quotidien au milieu des populations qui semble les adopter sans difficulté. Ces derniers temps, ce sont leurs enfants qui sont plus présents. Munis de petites tirelires, les malheureux chérubins montent dans les bus en attente dans les quais. «Ils ne me dérangent aucunement. Bien au contraire, j'ai de la compassion pour eux. Je ne refuse jamais un enfant qui tend la main», affirme, un voyageur rencontré dans un bus desservant la ligne Boukhalfa, Draâ Ben Khedda.Ces deux derniers jours qui coïncident avec la veille de l'Aïd, les citoyens sont plus attentifs à ces enfants. D'ailleurs, on les voit tous un jouet à la main ou jouant avec des ballons. «Je ne peux pas les voir comme ça en cette occasion. J'aurais aimé les voir joyeux comme mes enfants à qui je viens d'acheter des jouets. J'ai pensé à eux en leur offrant des jouets et des ballons. Ca ne coûte pas beaucoup plus», ajoute un autre homme accompagné de ces enfants. En ville, les gens s'arrêtent toujours pour offrir quelque chose. Certains sortent des fruits de leurs sachets pour les donner, d'autres de l'argent. Ces jours-ci, beaucoup n'hésitent pas à acheter des jouets pour ces enfants qui abordent facilement les passants vu que ces derniers affichent toujours de la sympathie et de la gentillesse envers eux. «Dès que j'ai un peu de temps le matin, je commence toujours par acheter des crèmes et des croissants pour les enfants que je trouve devant le café de mon quartier. Des jus quand il fait chaud mais il n'y a rien de mieux qu'un lait chaud et un gâteau par les jours d'hiver», témoigne un autre passant. En plus de l'âme charitable offerte par la nature aux populations locales, beaucoup considèrent que cette solidarité n'est ni plus ni moins qu'une dette rendue. «On n'oublie généralement pas que nous sommes passés par des moments plus difficiles que ces gens. Nous avons été endeuillés par une guerre de sept ans et demi. Nous avons connu la misère noire. Je me souviens des soirs où ma mère n'avait rien à nous donner à manger. Mon père et mes oncles sont morts à la guerre, elle n'avait pas de quoi nous nourrir. Il a fallu des âmes charitables pour survivre. On doit remercier Dieu mais le meilleur moyen de le faire c'est d'aider l'Autre», raconte un vieil homme rencontré au jardin du 1er Novembre du centre-ville de Tizi Ouzou. «Nous avons connu la clochardisation lors des guerres nous aussi. Nous avons toujours trouvé en les peuples voisins aide et accueil chaleureux. N'oubliez pas, vous autres Algériens d'aujourd'hui que ces peuples frères et voisins ont accueilli vos parents qui fuyaient la guerre. Le bien que nous leur faisons, on le leur doit» ajoute un autre assis à côté de nous. C'était un maquisard qui a fait plusieurs voyages en Tunisie lors de la guerre de libération.
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Nom & prénom
email : *
Ville *
Pays : *
Profession :
Message : *
(Les champs * sont obligatores)