Tizi-Ouzou - A la une

Des artistes comme à la poste !



De nombreux artistes de Tizi-Ouzou ont exprimé récemment leur colère de ne pas percevoir leurs cachets des spectacles pour lesquels ils ont été sollicités par la Direction de la culture de la wilaya. On imagine qu'ils ne doivent pas être les seuls. Ce doit être le cas dans toutes les autres régions du pays, enfin, là où il y a un minimum de «mouvement» culturel, puisque la chose est loin d'être évidente. Et puis on sait depuis longtemps que les «mauvaises choses» se répandent comme une traînée de poudre contrairement aux «bonnes» qui ne s'accompagnent que très rarement d'un effet boule de neige. Le pays s'est installé dans le nivellement par le bas comme règle et l'émulation utile comme exception. C'est la mauvaise gestion, le passe-droit, le détournement et les transactions frauduleuses qui se propagent d'un coin à l'autre du territoire de notre grand et beau pays, jamais l'initiative créatrice, l'entreprise audacieuse ou l'investissement (au sens large) innovant. Histoire de ne pas trop s'éloigner du sujet du jour, posons cette question : qu'est-ce qui peut bien empêcher une Direction de la culture locale de remettre leur chèque ? ou leur enveloppe, les choses étant au point où elles sont ? à des artistes qu'on a sollicités pour un travail et qui n'ont que ça pour vivre ' Les choses sont pourtant simples. Ces spectacles sont «budgétisés», l'argent ne manque jamais dans ces institutions et les artistes ont été «employés» sur un engagement contractuel. Il n'y a pas plus injuste que d'être dépossédé du fruit de son travail. C'est peut-être moins grave mais c'est aussi injuste de ne pas percevoir la rétribution de son effort dans les termes et les délais convenus. Surtout que dans ce genre de situations, ce sont généralement les artistes qui ne roulent pas sur l'or qui en pâtissent. Parce que les autres, les stars et les célébrités, on ne les prend pas à ce «jeu». Ils ont les moyens d'être exigeants pour le cachet, pour les prises en charge et pour les conditions de règlement. Ce sont de jeunes artistes en début de carrière, de moins jeunes au succès modeste ou des inconnus tentant leur chance qu'on laisse attendre jusqu'à n'en plus finir avant de voir la couleur de leur argent. Plus insupportable encore, ces services culturels n'ont même pas songé à la détresse matérielle de ces artistes dans ces circonstances de pandémie où la situation est devenue intenable pour beaucoup de monde. Non seulement ils ne gagnent plus rien depuis des mois mais, en plus, ils ne peuvent même pas disposer de ce qu'ils ont... gagné avant. Un peu comme les salariés et les retraités qui ne trouvent pas leur argent à la poste, quoi ! Sauf qu'à la poste, ça se règle au bout de quelques jours. Eux, ils attendent depuis des mois, pour rester prudent. On pensait que les services de l'Etat étaient penchés sur les solutions à leurs inquiétudes, on découvre qu'ils n'ont même pas soldé celles qu'ils leur ont eux-mêmes créées.S. L.
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