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Démission coupableEdito : les autres articles



Démission coupableEdito : les autres articles
La faillite dans la gestion des affaires publiques n'a pas uniquement pour effet d'aggraver la paupérisation des populations. Elle menace à présent l'ordre public. Dans certaines circonstances, l'Etat n'est pas loin d'être poursuivi pour incitation à la violence ou atteinte à la sécurité des biens et des personnes. Ce qui est incontestable, les pouvoirs publics sont régulièrement coupables de non-assistance à personnes en danger.Dimanche dernier à Tizi Ouzou, des habitants d'un bidonville bloquent la RN12 durant toute la journée. Des malades devant être opérés le jour même ont été rabroués par des jeunes préposés aux barricades en feu. Encouragés par la non-intervention de l'Etat, d'autres individus de la même localité choisissent, en fin de journée, un autre mode de protestation, d'une violence plus directe, en lançant des projectiles sur des automobilistes qui rentraient chez eux et dont quelques-uns ont atterri à l'hôpital.
C'en est trop pour les villageois de la région, qui décident de réagir. Ils annoncent, deux jours à l'avance, une grève générale, un rassemblement et une «marche» en direction des lieux d'habitation des agresseurs présumés, un ancien bidonville implanté dans une commune voisine. Les dérapages sont inévitables et les autorités en sont informées par voie de presse. Dans ce no man's land administratif et sécuritaire, la marche, qui était destinée quasi publiquement à corriger les délinquants de la route, n'a été ni interdite ni stoppée.
L'expédition a lieu et des blessés sont dénombrés de part et d'autre, comme prévu. C'est lorsque la nouvelle de ces affrontements a fait le tour de la Kabylie et, évidemment, de la Toile, que les autorités se sont décidées à s'en préoccuper et à envoyer des forces de l'ordre pour stationner sur un terrain déjà déserté par les protagonistes. Cette posture des pouvoirs publics constatée lors de ces graves incidents peut s'intituler «Comment créer et conduire une micro-guerre civile».
En rééditant cette non-gestion des événements, il est clair que les développements peuvent être autrement plus graves, avec mort d'homme et destruction, encore une fois, de tout ce que compte la région comme édifices publics. La démission devant les impératifs de maintien de l'ordre est le prolongement de l'abandon des missions de développement en faveur des populations, dont des pans entiers sont dans un réel dénuement. Une bien étrange tradition chez les autorités du pays, qui organisent l'appauvrissement des citoyens avant de les acculer à des formes de protestation qui menacent l'équilibre social et plombent davantage la vie économique des régions. C'est ce même scénario qui a amené à perpétuer la subversion intégriste en maintenant le terreau de la détresse sociale, pourvoyeuse des maquis islamistes. Dans la délinquance comme pour le terrorisme, ce sont les simples citoyens qui en paient le prix.
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