Qu'ils soient installés en France ou qu'ils vivent en Algérie, les
Algériens étaient nombreux à solliciter, par voie judiciaire, ces quinze
dernières années, la nationalité française, a constaté l'agence publique
française de presse (AFP), qui ne fournit, toutefois, aucun chiffre pour
illustrer cette ampleur. «Interrogé sur l'ampleur de ce phénomène, le ministère
français de l'Intérieur n'a pas répondu», rapporte l'agence. «La demande a
explosé à partir du milieu des années 1990, sous la pression du terrorisme et
de la crise économique qui frappaient l'Algérie», explique un avocat parisien
qui a plaidé de nombreux dossiers au Tribunal de grande instance de Paris.
Ces demandeurs de reconnaissance
de la nationalité française s'ajoutent ainsi à ceux qui ont été naturalisés.
D'autres encore qui sont nés avant l'indépendance, formulent des demandes de
réintégration de la nationalité française. La législation française pose
toutefois des conditions pour accéder à la nationalité.
Un autre concept de loi dit «du
double droit du sol», permet à tous les enfants nés en France, depuis le 1er
janvier 1963, de parents algériens, d'être «Français de naissance» à condition
que l'un de leurs parents soit né en Algérie avant l'indépendance. D'autres
Algériens peuvent accéder à la nationalité française par filiation : il faut
être descendant, pendant la colonisation (1830-1962), de parents ou de grands
parents ayant acquis la citoyenneté française par jugement ou par décret. Mais
ces derniers sont une minorité (70.000 personnes) car la majorité des Algériens
étaient, à l'époque, régis par le «code de l'indigénat». L'avocat parisien
explique encore qu'il y a des dizaines de milliers de personnes, vivant en
Algérie, qui ignorent «cette possibilité». Ces derniers peuvent à tout moment
réclamer la nationalité française. Ils doivent juste présenter le jugement ou
le décret d'acquisition de la nationalité française par leur aïeul, et de
reconstituer sa généalogie par les actes de mariage et les actes de naissance.
La procédure est, toutefois, loin d'être facile.
La transcription en français de
noms arabes ou amazighs est souvent entachée d'erreurs, l'aïeul s'est contenté
d'un mariage religieux enregistré à l'état civil, la justice algérienne
n'établit que des copies de jugements… Le chemin est souvent parsemé d'embûches
et ouvre la voie à tous genres de trafics de documents qui retracent la
généalogie. Un tribunal parisien a programmé, pour février prochain, le procès
d'un homme poursuivi pour falsification de son état civil, il y a neuf ans. Un
Algérien a porté plainte contre son cousin pour «faux et usage de faux», et
l'accuse d'avoir utilisé de faux certificats d'état civil pour obtenir la
nationalité française. En Algérie, de nombreuses affaires ont éclaté, ces
derniers temps et ont atterri dans les tribunaux. Trente-cinq personnes avaient
été interpellées, il y a vingt jours, à Tizi Ouzou, lors du démantèlement d'un
réseau spécialisé dans la falsification de dossiers permettant l'obtention de
la nationalité française. Huit d'entre elles avaient été placées sous mandat de
dépôt. Le groupe demandait à chaque candidat entre 25 et 30 millions de
centimes pour lui fournir tous les documents, falsifiés, exigés par les
autorités françaises afin d'obtenir la nationalité. En trois ans, au moins un
millier de personnes originaires de Tizi Ouzou, ont acquis frauduleusement la
nationalité française. Selon un consul général de France à Alger, sur 100.000
demandes de nationalité française déposées en 2005, une centaine avait été
acceptée. Pour éviter tout trafic, un avocat propose que l'Etat algérien et son
homologue français ouvrent les archives et mettent en place un dispositif de
vérification des jugements prononcés pendant la colonisation.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Amine L
Source : www.lequotidien-oran.com