Tizi-Ouzou - A la une

De l'autodérision pour raconter nos tourments «Moussibet El Moumnin» au TRO



De l'autodérision pour raconter nos tourments                                    «Moussibet El Moumnin» au TRO
La troupe théâtrale de Tizi Ouzou a fait une brève escale au théâtre régional d'Oran, le temps de la représentation d'une pièce en tamazight, qui a pour titre: «Moussibet El Moumnin».
Produite en 2011, cette pièce, dont la traduction littérale signifie «la catastrophe des croyants» a été écrite par Fouzia Aït El Hadj et mise en scène par Chergui Brahim. Il s'agit d'une fresque, pour le moins satyrique, teintée d'un humour très noir, sur la situation sanitaire des hôpitaux algériens. Plus précisément sur le vécu des femmes enceintes, le jour de leur accouchement, dans les maternités. Si l'humour noir est de mise, c'est qu'il confine à un certain esprit d'autodérision, lui-même émanant de la situation de notre pays, peu reluisante hélas, en matière de qualité dans nos milieux hospitaliers. Un travesti, qui a troqué son prénom Mbarak pour Mbarka est officiellement «femme de ménage» dans un hôpital de Tizi Ouzou.
Cet efféminé, filou dans son genre, voit défiler, à longueur de journée, tout un panel de femmes enceintes dans le service de maternité. Sans état d'âme aucun, il voit, au travers de ces femmes en détresse, un moyen d'y mener ses petites affaires. Ainsi, à celle venant à lui dans le but de se faire avorter, il n'hésitera pas à la soudoyer en échange d'une adresse où on procède illégalement à ce genre d'action et, par voie de conséquence, au détriment de la vie de la patiente. Mais la pièce ne se limite pas à cela. C'est toute la complexité de la société algérienne qui est mise en exergue, au travers des hôpitaux.
A l'image de cette femme, sur le point d'accoucher, et qui se débat, indignée que des médecins lui eussent demandé d'enlever son voile. Par moments, le pittoresque vire au cauchemar: un bébé, en danger de mort dans une couveuse, se voit suspendu entre la vie et la mort, attendant l'arrivée de l'ambulance qui tarde car l'ambulancier étant en train d'effectuer «salate el joumoua». C'est donc par le biais de l'humour noir et de l'esprit d'autodérision que, subsidiairement, des messages de fond, nous donnant à réfléchir, sont lancés. Il est à dire également que cette pièce est aussi très rythmique, ponctuée ici et là par des scènes musicales, où tous les comédiens, médecins comme patients, en piste, se livrent à de belles acrobaties.
Ces scènes musicales ont été aménagées selon la disposition des planches du TRO qui ne se prêtaient pas hélas pas aux acrobaties de départ. Elles avaient pour but d'égayer la pièce, pour ne pas dire l'attiédir de la gravité du sujet qu'elle traite. Il faut savoir enfin qu'il s'agit de la deuxième représentation de «Moussibet El Moumine», après la générale, qui a eu lieu le 8 octobre dernier, au théâtre régional Kateb Yacine de Tizi Ouzou.
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Nom & prénom
email : *
Ville *
Pays : *
Profession :
Message : *
(Les champs * sont obligatores)