Tizi-Ouzou - A la une

Dda Lmulud ou la «force tranquille»



Elles sont nombreuses, les figures de proue du combat identitaire dans le pays, mais il est une qui sort du lot de par la nature même de sa lutte menée, par ailleurs, en silence, loin des feux de la rampe.Dans le long combat identitaire, la mémoire collective ne retient que ceux qui s'y sont impliqués dans le volet politique, il est vrai capital. Mais il est, fort heureusement dirions-nous, ceux qui, même minoritaires, ont préféré emprunter d'autres sentiers pour faire aboutir la cause en investissant le champ exclusivement scientifique de la cause.
De ceux-là, Mouloud Mammeri sort largement du lot pour avoir opté, dès le départ, pour un travail de fourmi, se mettant à la «traque» de tout ce qui touche à l'amazighité, et ce, parallèlement à son parcours littéraire puisque auteur de plusieurs romans et de pièces de théâtre et académique pour avoir été enseignant et chercheur.
Il a également mis sa plume au service de la révolution puisque auteur de nombreux éditoriaux et de lettres adressées à l'ONU où il dénonçait les exactions des forces coloniales.
L'homme qui avait senti la nécessité de doter tamazight d'une grammaire, en établira une qui sert, d'ailleurs, de référence pour les nombreux étudiants et enseignants de la langue amazighe. Il sera, à son corps défendant, derrière le printemps amazigh d'avril 1980 dont on a célébré, hier, le 39e anniversaire. L'annulation par les autorités locales de Tizi-Ouzou de sa conférence sur la poésie kabyle ancienne a servi, en effet, d'élément déclencheur de ce qui est considéré comme le premier soulèvement populaire antisystème de l'Algérie postindépendance.
Et ce n'est qu'à sa mort accidentelle, dans la nuit du 25 au 26 février 1989, à Aïn-Defla, alors qu'il était de retour d'une activité scientifique au Maroc, que Mammeri a eu la reconnaissance à la hauteur de son incommensurable ?uvre littéraire et identitaire. Des milliers de citoyens l'ont, en effet, accompagné à son ultime demeure, à Taourirt Mimoun, en Haute Kabylie.
Une colline désormais tirée de son oubli puisque devenue la mecque des militants identitaires aux yeux desquels celui qu'ils appellent affectueusement Dda Lmulud ou l'Amusnaw (Savant), fait figure de Guide.
M. K.
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