
L'Organisation des enfants de moudjahidine veut les récupérer à l'occasion du 20 Août.Voici une adresse des plus usuelles en Algérie: «Appartement n° 10, cage 06, Bâtiment 05, cité les 2000 Logements à proximité de la RN12» La maison indiquée n'est pas sur la planète Mars. Elle est en Algérie en 2015, année pourtant inscrite pour les opérations des baptisations des places, rues et lieux.Pendant ce temps, alors que des générations de jeunes vivent dans ces cités perdues et sans repères, près d'une centaine de plaques commémoratives inscrites des noms de chouhada sont abandonnées dans les sous-sols de l'APC de Tizi Ouzou. Elles sont là depuis une quinzaine d'années.Des dizaines de milliers de chouhada sont morts durant la guerre pour l'Indépendance et nos cités et rues restent encore dépourvues de noms et s'appellent «chiffres».En cette occasion de la célébration de la date du 20 Août, l'Organisation des enfants de moudjahidine de Tizi Ouzou a pensé à déterrer ces plaques abandonnées pour s'en servir lors de la baptisation des rues et places dans diverses communes et de la ville de Tizi-Ouzou. Selon Chernaï Djamel, membre de l'organisation et de sa commission «Histoire et patrimoine», la célébration de l'anniversaire du congrès de la Soummam est une occasion pour remettre au goût du jour ces plaques abandonnées à cause de mauvaise confection pour certaines, mais pas toutes.En effet, beaucoup de connaisseurs dans le domaine de l'urbanisme avertissent des conséquences fâcheuses de ce phénomène sur l'avenir de nos enfants. Au pays d'un million et demi de martyrs et de milliers d'hommes de savoir dont les noms ont traversé les siècles, les cités sont désignées par des chiffres comme dans un monde virtuel.Les jeunes qui y naissent et y vivent n'ont comme adresse que des numéros et des cages. Des sociologues se joignent au cri des urbanistes pour appeler l'Etat à intervenir.Les enfants se retrouvent sans repères et sans lien affectif les rattachant à leurs quartiers d'où en grande partie le désoeuvrement sociétal dont les conséquences ne font qu'apparaître. Le pire est à venir.Par ailleurs, puisque cette année 2015 est inscrite comme l'année des baptisations, beaucoup d'initiatives allant dans ce sens commencent à voir le jour à travers les communes et la ville de Tizi-Ouzou.A l'occasion de la fête de l'Indépendance, la ville de Tizi-Ouzou a vu plusieurs places prendre les noms des colonels que la wilaya a donnés à la révolution.D'autres cités sont chaque mois baptisées. Cependant, à côté de ce travail auquel prend part activement l'Organisation des enfants des moudjahidine, l'absence totale de réflexion sur ce sujet au niveau de l'urbanisation.Un programme immense de logements est en construction et des cités nouvelles poussent chaque jour mais restent sans noms. Même des années plus tard, elles sont désignées par le nombre de logements qu'elles abritent en centaines et en milliers.Enfin, pour illustrer l'ancrage du phénomène dans les moeurs sociales, il convient de signaler l'incongruité du fait que le plus grand pôle universitaire de la wilaya est connu sous le sobriquet insensé de «Bastos» alors qu'il porte le nom de l'illustre Mouloud Mammeri.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Kamel BOUDJADI
Source : www.lexpressiondz.com