
Notre football professionnel n'est professionnel que par le nom. En effet, le mode professionnel exige pour sa gestion bien des bagages et bien du savoir pour le pratiquer. Or chez nous aucun club n'est géré de manière professionnelle tant sur le terrain que dans sa gestion proprement dite. La dernière réunion, FAF-présidents de club, a, une nouvelle fois, débouché sur des décisions pour le moins incongrues. Et pour cause, voilà que l'on reparle de plafonnement des salaires des joueurs sans que ces derniers ne soient associés aux discussions. « Les salaires plafonnés à 1 million DA », pour atténuer un tant soit peu la crise financière dans laquelle se débattent tous les clubs, n'est qu'une autre fuite en avant de ces présidents.En fait, nos clubs ne sont pas menacés par la crise financière mais pourraient payer cash l'égo de leurs présidents. Et pour cause, ces derniers, qui ont érigé les clubs en véritable propriété privée, voire même familiale, refusent d'ouvrir leur capital social pour barrer la route à des bailleurs de fonds, voire même à des repreneurs. Une situation cautionnée en fait par la première instance, à savoir la FAF, qui continue à fermer les yeux sur des situations truffées d'irrégularités et se boucher les oreilles pour ne pas entendre le bon sens. D'ailleurs la question qui reste posée est de savoir pourquoi le président de la FAF continue-t-il à faire le dos rond aux présidents contre lesquels il avait pourtant promis de sévir si ces derniers n'ouvraient pas leur capital social au-delà du 31 décembre 2015, date butoir ' Un mois après, aucun des clubs, notamment ceux en crise, n'a toujours pas ouvert ce fameux capital social. Mieux, un président de club, celui de la JSK en l'occurrence, avait même refusé de voir une entreprise, Cosider, pour ne pas lui faire de la pub, prendre en charge son club suite aux instructions du Premier ministre en personne, Abdelmalek Sellal, qui avait fait l'annonce publiquement lors d'un meeting à Tizi-Ouzou même. Le PDG, venu à Tizi-Ouzou pour négocier la prise en main du club conformément à la directive des pouvoirs publics, s'était retrouvé à signer un chèque de sponsoring d'une année, avant qu'il ne reparte et ne reparle plus de la JSK. Aussi, aux dernières nouvelles, et dans le contentieux qui oppose les clubs à la CNAS et à la direction des impôts, la parade a été trouvée avec des décisions là encore plus incongrues avec cette indexation des salaires à 10.000 DA pour les clubs de première division et 5.000 DA pour la seconde, pour les cotisations sociales et l'IRG (impôt sur le revenu) de chaque joueur. Une indexation qui fait de ces joueurs de pauvres travailleurs ne touchant même pas le SNMG. Une véritable insulte justement aux autres travailleurs, notamment les smicards.Quelle est cette logique qui voudrait qu'un millionnaire, puisque les joueurs sont des millionnaires, paie moins de cotisations et d'IRG qu'un smicard ' Quelle est cette logique économique qui permet à des sociétés sportives par actions (SSPA) de bénéficier de subventions de l'Etat et des collectivités locales et pas une autre société économique génératrice de production et d'emplois même empêtrée dans les pires difficultés financières ' Si au moins ces clubs étaient pourvoyeurs de talents pour l'équipe nationale, contrainte qu'elle est de faire appel à des bi-nationaux même pour l'équipe espoirs. Ou encore faiseurs de spectacles lorsque les déclarations de ces présidents n'enclenchent pas des émeutes. Il n'en est rien de cela.Certes le professionnalisme tel que lancé en Algérie ne devait qu'aboutir à une telle situation, dans la mesure où les clubs n'étaient pas encore totalement préparés. Mais peu importe. Le professionnalisme est là et bien là. Il mérite que l'on s'y penche de manière plus scientifique et plus appropriée, en confiant sa gestion à de véritables chefs d'entreprise et non à des trabendistes, à de véritables hommes d'affaires et non à des affairistes. Surtout lorsque l'on sait que c'est tout un peuple qui s'identifie à ce sport et à son équipe nationale. C'est dire que ce professionnalisme ne souffre pas du manque de finances mais bien de l'égo de ceux qui en sont chargés.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Rachid Hammoutène
Source : www.horizons-dz.com