
« L'objectif de ces structures est triple, à savoir prendre en charge les douleurs rebelles aux traitements habituels et les douleurs rebelles chroniques, orienter les investigations avec des diagnostics et coordonner les différents intervenants lors d'une décision thérapeutique ». Ce nouveau centre de Tizi Ouzou, dédié à la lutte contre la douleur, renforcera ceux déjà existants au niveau de l'EHS Centre Pierre et Marie-Curie, le premier centre réalisé en 1999, des CHU Mustapha (service rhumatologie) et Bab El-Oued, d'Oran, de Batna et l'EPH de Birtraria. Un centre qui, toujours selon le Pr Fellah, devrait en principe disposer « d'une équipe médicale composée d'un minimum de trois praticiens, à savoir 2 somaticiens et 1 psychologue ou 1 psychiatre ». Son fonctionnement est multidisciplinaire, puisque l'on pourra retrouver des neurologues, des oncologues, des psychologues, des psychiatres, des rhumatologues, des médecins internistes, des médecins du travail et des acupuncteurs, assistés bien évidemment de paramédicaux et de kinésithérapeutes.Il permet une évaluation et une prise en charge globale de la douleur. Il est à rappeler que les centres antidouleur, tels que définis par l'OMS, présentent l'avantage très appréciable d'offrir des consultations pluridisciplinaires. « Au lieu de se rendre chez plusieurs spécialistes qui vont tenter de traiter les diverses douleurs liées à sa maladie, de diverses façons, le patient va pouvoir bénéficier d'un unique rendez-vous, où les spécialistes vont pouvoir agir de façon concertée. Cela permet de gagner en temps, en énergie et en efficacité. » Telle est la présentation de ce type de structures par l'OMS. Il faut dire aussi que bien qu'elle ne constitue pas une pathologie proprement dite, telle encore définie par les spécialistes, la douleur peut être si présente dans le quotidien des malades que des consultations spéciales ont été créées. Elles sont surtout là pour soulager les patients qui souffrent de douleurs chroniques, c'est-à-dire des douleurs au long cours qui durent depuis plus de six mois. L'idéal, c'est qu'on puisse réussir à soigner la cause et faire ainsi disparaître les douleurs. Mais lorsque ce n'est pas possible, les médecins vont s'attacher à diminuer le plus possible la douleur, pour que le patient conserve une qualité de vie acceptable. D'autant que, comme le soulignera encore le Pr Fellah, « 30 à 80% des douleurs ne sont pas soulagées correctement et 31% des patients souffrant de douleur ne sont pas traités ». Pour lui, il ne faut pas tomber dans le piège de cette conception générale qui dit cancer = douleur, mais « cette douleur qui, au départ, est un symptôme, voire un signe d'alarme lorsqu'elle se pérennise et devient chronique, elle est alors source d'invalidité, d'angoisse et parfois de dépressions avérées.La douleur ou plutôt « les douleurs », car il n'en existe pas un seul type ? apparaissant au cours de la maladie cancéreuse ? est un symptôme, donc directement lié à la pathologie ou la conséquence de traitement de celle-ci ». Toutefois, pour le même spécialiste, « il n'est pas normal que ces centres ne puissent pas disposer de budget spécifique qui, pour l'heure, est prélevé du service de rattachement. Implication des autorités de santé ». C'est pourquoi, il souhaite voir la mise en place d'un projet gouvernemental de prise en charge de la douleur qui soit un véritable « plan douleur » et ouvrir d'autres centres pour la prise en charge de la douleur sur tout le territoire national, « tant pour l'heure, ce sont des créations initiées par la volonté de médecins et de l'administration de l'hôpital ». Enfin, il a insisté sur la dotation de ces centres de moyens humains, pharmacologiques et financiers. « Actuellement, les moyens de ces centres sont insuffisants. » Cette nouvelle structure dénote de cette volonté des responsables du CHU de Tizi Ouzou à mettre tout en place pour que les patients puissent être pris en charge de manière efficiente.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Rachid Hammoutène
Source : www.horizons-dz.com