Tizi-Ouzou - A la une

«Conjurer le mauvais sort»



Espoir - Les jeunes sans emploi et en proie à l'oisiveté ne se rendent pas dans les cybercafés dans le seul but de «tuer le temps», mais ils sont souvent en quête d'une «solution magique» qui pourrait provoquer un changement positif dans leur vie.
Avec les sites de socialisation, notamment Facebook qui compte plus de quatre millions d'abonnés en Algérie, les internautes tentent de dénicher de «bonnes» affaires à même de leur permettre de trouver un emploi stable, ou un moyen d'aller s'installer à l'étranger par le biais d'une relation amoureuse «virtuelle». Tout est, en effet, permis pour que ces jeunes dés'uvrés, tentent de s'extraire définitivement du marasme qui empoisonne leur vie. «Nous venons au cyber pour discuter avec des gens d'autres régions du pays. Cela nous permet d'avoir des informations sur le mode de vie dans ces localités et parfois nous essayons de trouver des solutions à nos problèmes en sollicitant nos amis virtuels. Pour le moment, nous n'avons que des promesses, mais tant que Facebook est là, l'espoir est toujours de mise», avoue un groupe de jeunes chômeurs croisés dans un cybercafé au centre-ville de Boghni. «Nous avons des diplômes en comptabilité et marketing, mais nous n'avons pas réussi, jusque-là, à trouver des emplois stables. Nous nous contentons de certaines tâches dans les chantiers de construction ou dans des cafés et restaurants, mais c'est juste pour avoir de l'argent de poche. Sur les sites de socialisation, nous pourrions, peut-être, réussir à attirer la sympathie d'un patron», avouent ces jeunes, persuadés que «les lourdeurs bureaucratiques n'existent pas sur la Toile». Outre Facebook et d'autres sites de discussion électronique, les internautes consultent les sites de recrutement. Le rêve de l'émigration ne cesse également de tarauder ces jeunes en proie à la mal vie. « Je continuerai à surfer sur la Toile jusqu'à ce que je tombe sur une personne qui pourrait m'aider à quitter cette bourgade de misère. J'en ai marre ici, je risque de vieillir avant terme sans rien faire pour mon avenir. Pour être honnête avec vous, faire la connaissance d'une femme européenne ou américaine et la convaincre de m'épouser est une obsession pour moi. J'ai déjà échoué dans plusieurs tentatives, mais je continue à y croire. C'est ma raison de vivre actuellement », témoigne, à c'ur ouvert, Hamid, la trentaine, ingénieur en électronique et habitant au village Ichoukrene, l'un des plus pauvres hameaux de Tizi Ghennif, dans la wilaya de Tizi Ouzou. D'autres jeunes n'hésitent pas à solliciter l'amitié, sur Facebook, de toutes les personnes qui portent le même nom de famille ou issus de la même commune dans l'espoir de trouver «aide et assistance» de la part de ces amis virtuels. Ces derniers tentent, en effet, d'exploiter les valeurs de solidarité et d'entraide, incrustées chez les familles algériennes. «Nous attirons la sympathie de ces proches et puis nous leur demandons de nous soutenir afin d'en finir avec cette vie de misère. Certains de nos amis ont déjà réussi. Nous, nous avons reçu des promesses et nous espérons qu'elles se concrétiseront», témoignent des jeunes, croisés dans un cybercafé, à Mechedellah, à l'est de Bouira. Il semble que les concernés ne ménagent aucun effort et redoublent même d'ingéniosité, tant l'espoir est permis.
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