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Conférence de presse de Takfarinas : «La musique est la langue de l'amour» Culture : les autres articles



Conférence de presse de Takfarinas : «La musique est la langue de l'amour»                                    Culture : les autres articles
Il vit en France depuis 1979, mais il reste toujours attaché à l'Algérie. «J'ai vécu 33 ans à l'étranger. J'ai fait le tour du monde, j'ai hâte de retrouver le public de mon pays», a indiqué Takfarinas, de son vrai nom Ahcène Zermani, lors d'une conférence de presse animée quelques heures avant de monter sur scène. Son dernier concert en Kabylie remonte au 20 avril 1991.
C'était au stade du 1er Novembre de Tizi Ouzou à l'occasion de la célébration du printemps berbère. Pourquoi cette longue absence ' «Tout le monde se souvient des années 1990. Nous avons vécu des moments difficiles. A partir de 1999-2000, j'ai tout fait auprès des organismes concernés pour me produire dans mon pays. En vain. J'avais exigé de me produire avec mon staff et mon matériel qu'il fallait acheminer de Paris. Chaque année, je tentais les mêmes négociations, mais sans résultat. Je me suis dit alors qu'il fallait impérativement programmer quelque chose pour le cinquantenaire de l'indépendance de l'Algérie, même si les conditions logistiques nécessaires souhaitées ne sont pas réunies. Je ressens une joie indescriptible de chanter à Tizi Ouzou, 22 ans après. Je remercie le directeur de wilaya de la culture, Ould Ali El Hadi, de m'avoir invité. J'espère que ce ne sera pas la dernière fois.»
Des appréhensions pour ces retrouvailles ' «C'est avec beaucoup d'émotion que je vais affronter le gala de ce soir (soirée organisée jeudi dernier). J'ai le trac de la scène même ailleurs. C'est un peu comme dans un match de football que même le meilleur joueur du monde n'est pas sûr de gagner d'avance. Ould Ali El Hadi a renforcé le matériel technique nécessaire pour ce genre de spectacle. Nous allons tout faire pour réussir un grand gala à Tizi Ouzou, berceau de tamazight. Des enregistrements en projet ' «En mars 2011, j'ai mis sur le marché un double album qui est d'ailleurs très écouté, selon les échos qui me sont parvenus. Tout le monde est content. Cela me réconforte pour réfléchir à d'autres produits. J'ai introduit dans ces deux derniers CD beaucoup de chaâbi. Les gens demandaient ce genre de musique. Moi aussi je viens du chaâbi. Pour l'année en cours, je me suis focalisé sur l'organisation d'une tournée artistique à travers plusieurs wilayas du pays, notamment Constantine, Oran, Béjaïa, Sétif et Batna. Je suis prêt à chanter même dans une salle de 2000 personnes, y compris à Tablat. J'ai eu à animer des galas dans les plus grandes capitales du monde, pourquoi pas dans mon pays ' J'ai deux albums prêts qui sortiront fin 2013 incha Allah.»
Sur un autre plan, Takfarinas a évoqué le piratage des 'uvres artistiques qui a eu pour effet la faillite de plusieurs maisons de disques : «La musique ne se vend plus comme avant en raison de cette pratique déloyale qui affecte également la production cinématographique. Les artistes déboursent de grosses sommes d'argent pour produire un album. Parfois, il faut aller à Londres, en Australie pour un duo ou un enregistrement.»Le conférencier est revenu dans son intervention sur sa rencontre avec le défunt roi de la pop, Michael Jackson, à Johannesburg (Afrique du Sud), à l'occasion du concours du meilleur tube de l'année 1999.
«Je suis passé sur scène avec Zaâma Zaâma ; j'ai décroché le 1er prix du meilleur chanteur nord africain. Le prix m'a été remis par Nelson Mandela et Michael Jackson, en présence des médias internationaux. Notre Télévision nationale a passé sous silence cet événement artistique. Le lendemain du concert, j'ai eu une discussion de 30 minutes avec Michael Jackson. Une occasion pour lui remettre mon album. Il n'y aura pas une deuxième star comme Michael.» Répondant à une question relative à la chanson kabyle actuelle, il a affirmé : «Il y a du bon et il y a ce qui le sera après. Les artistes doivent travailler davantage. Outre le rythme, il faut de l'art, chanter pour le c'ur et la raison et danser, bien sûr. Dans les albums que j'écoute, je découvre les mêmes rythmes et le même style. Pourtant notre pays est très riche en la matière. Tous les styles nous appartiennent, y compris le allaoui. Aussi, il faudra accorder de l'importance au texte et à l'harmonie. La musique est la langue de l'amour. Que celui qui n'a pas de textes fasse appel à des paroliers comme l'ont fait d'autres chanteurs de renommée internationale tels Oum Kalthoum et Julio Iglesias.»
Le conférencier n'a pas manqué en outre de rendre un hommage appuyé à Matoub Lounès. «Il est irremplaçable, tout comme Slimane Azem et Cheikh El Hasnaoui, mais la culture amazighe continue son chemin.» Par ailleurs, il dit son admiration pour Idir qui l'avait aidé à fouler pour la première fois la scène de l'Olympia avec le groupe Agraw, Sofiane et Malika Domrane. A une autre question relative à son boycott de l'année de l'Algérie en France et de la manifestation «Tlemcen capitale de la culture islamique», avant de répondre favorablement à l'invitation du 9 août 2012, il a précisé : «Je ne pouvais pas chanter en France alors que la Kabylie venait d'enterrer 126 jeunes tués lors du printemps noir.» S'agissant de la manifestation de la capitale des Zianides, il a souligné succinctement : «Mon souhait est de participer à un festival dédié à la culture amazighe.»
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