
Artiste sculpteur, poète et militant de la démocratie, le regretté Said Iamrache, décédé il y a 15 ans, a marqué de son empreinte la scène culturelle dans la région des Ath Jennad.L'association culturelle «Itran» du village Imaloussène, dans la commune de Timizart, à 30 km au nord de Tizi Ouzou, a organisé la semaine dernière un vibrant hommage à Saïd Iamrache, un poète, un artiste, un sculpteur, écrivain et militant de la démocratie, natif de cette contrée historique des Ath Jennad. Etaient présents à cet hommage, tenu à l'école primaire des «Frères Aït Ramdane» et animé par Abdellah Arkoub, enseignant de tamazight et auteur, et Arezki Aït Ramdane, président de l'association «Itran» (les étoiles), outre les citoyens d'Imaloussene, de nombreux élus locaux et des personnalités du monde de la culture.Ils ont tenu à assister à cette commémoration du 15e anniversaire de la disparition du regretté «grand homme, un juste qui voyait très loin et pensait sans cesse pour l'avenir de son pays», diront de lui ces anciens amis au sein du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD) dont il était, non seulement un des fondateurs, mais surtout le principal initiateur de l'implantation d'une section de cette formation politique dans la région.Rappelant les moments difficiles qu'ils ont endurés aux débuts des années 1990, Moussa Tamadartaza, sénateur, un de ses amis, se souvient toujours de la nuit où il les a rassemblés à 15 militants dans son moulin (pressoir d'olives) pour présenter sa vision concernant le danger imminent de la violence intégriste. «Je me souviens que nous étions 2 militants FFS, moi-même et Moh Lagha, qui est actuellement en France, alors que les 13 autres étaient tous du RCD, mais nous continuions toujours à militer pour la démocratie, la langue et l'identité amazighes sans la moindre friction. C'est vous dire le respect qu'il vouait aux convictions des autres».A l'occasion de cette rencontre, M. Tamadartaza a suggéré à l'assistance de lancer, dès cette année 2015, un festival de la sculpture et de la poésie à Timizart au nom de Saïd Iamrache, initiative à laquelle il apporterait, indique-t-il, tout son soutien en tant que sénateur. Le maire de Timizart a exhorté l'assistance «à ne pas oublier ce militant convaincu qui avait fait serment de toujours ?uvrer dans l'union pour faire triompher tamazight et de combattre sans cesse l'obscurantisme, dans lequel le système politique au pouvoir voulait plonger nos enfants», disait-il.Le maire d'Aghribs dira que Saïd Iamrache «était un vrai philosophe, qui voyait très loin, un poète qui a prédit des choses qui se sont toutes concrétisées dans les faits. Tout ce qui l'inquiétait c'était l'oubli. Alors, n'oublions pas ! Il faut que nous fassions ce devoir de greffer les idées de cet homme de conviction, ce poète visionnaire, comme cette contrée des Ath Jennad sait en donner, et des purs !». Auparavant, une gerbe de fleurs a été déposée sur la tombe du regretté, avant d'entamer les témoignages.Les participants ont été conviés ensuite à une ouada d'un succulent couscous aux fèves et au lait caillé de ferme. Les enfants de Saïd Iamrache ont également offert, à chacun de leurs hôtes qui ne possèdent pas le roman du regretté sculpteur, un exemplaire de «Tasga n Tlam», édité en tamazight le 20 avril 2000. Né le 17 février 1946, Saïd Iamrache est décédé le 27 décembre 1999.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : El Watan
Source : www.elwatan.com