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Commémoration



Commémoration
Matoub Lounès, né le 24 janvier 1956, à Taourirt Moussa (Tizi-Ouzou), a été assassiné par balle il y a 18 ans, plus précisément le 25 juin 1998, à Thala Bounane, dans la wilaya de Tizi-Ouzou.«Le Rebelle» était déjà célèbre de son vivant. La mort a fait de lui une légende, un mythe, un symbole. Matoub est connu surtout comme militant. D'ailleurs, la défense de la langue et de la culture berbères est un des thèmes les plus fréquents dans sa poésie.Mais ces derniers temps, ce côté militant a quelque peu pris le dessus sur son côté poète et artiste, dans la plupart des écrits (livres, articles”?) à son sujet.Matoub Lounès est poète, auteur-compositeur et interprète dans le genre musical chaâbi. il joue de la guitare, du mandole et de la derbouka (percussion).Sa discographie est riche de 28 albums dont Ay Izem, sorti en 1978 et Lettre ouverte aux”?, sorti en 1998. Saïd Chemakh, enseignant de tamazight, a fait remarquer que l'une des caractéristiques de la poésie de Matoub est d'être inscrite dans le temps et que le poète est devenu ainsi un chroniqueur de son temps. «Matoub situe les événements dans le temps et dans l'espace. Il donne les propositions des protagonistes et analyse leurs actions. On peut relire l'histoire de l'Algérie depuis la guerre de l'indépendance rien qu'en décortiquant la poésie de Matoub. Mieux que cela, pour expliquer le présent, le poète recourt à l'Histoire d'un pays damné (1991) qui en constitue l'exemple le plus pertinent. Les événements politiques comme la situation économique sont décrits avec précision. Plusieurs exemples peuvent être donnés, dont le plus important est le Printemps berbère (1980)», souligne t-il. Mais, fait remarquer plus loin Saïd Chemakh, Matoub a développé de nombreux autres thèmes que ceux en rapport avec l'histoire et la revendication berbère. «Il est l'un des rares à glorifier la maternité dans de nombreuses pièces, il a aussi décrit l'amour impossible, affligeant à contrarié. Il a abordé à maintes reprises le thème de la mort. Non que Vénus et Tanathos soient jusque-là absents de la poésie kabyle, mais avec Matoub, on a une autre vision du monde, une vision triste, comparable à celle de Baudelaire. Mais sans verser dans le pessimisme et dans d'autres vers, Matoub offre une vision du monde, celle de l'amour de la vie. Il dénoncera la violence et surtout la guerre, la souffrance des mères ayant perdu leurs enfants. Ce n'est donc pas étonnant que Matoub ait adapté le Dormeur du val de P. Verlaine en kabyle (Askri, 1986).»En conclusion, Saïd Chemakh écrit : «Pour mieux cerner l'apport de la poésie de Matoub au renouvellement de la poésie kabyle, des études plus longues, plus détaillées doivent êtres faites. Elles ne doivent pas uniquement toucher le corpus connu car publié, mais elles doivent être élargies à la poésie jusque-là inédite.»Un travail de longue haleine sans doute mais qui fera mieux connaître le poète et chanteur kabyle.
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