La 12e édition du Festival du film amazigh a pris fin dans la soirée de mercredi dernier, à la maison de la culture Mouloud-Mammeri de Tizi-Ouzou. Une cérémonie qui s'est déroulée en présence des autorités civiles et militaires de la wilaya ainsi que de nombreux artistes.
Plusieurs distinctions ont été remises par le jury qui, contrairement à l'édition précédente, a décidé, non sans difficulté, «après d'âpres discussions», avouera Omar Hakkar, le président du jury, de remettre l'Olivier d'or récompensant le meilleur long métrage à Vava Moh, un film de Smail Yazid qui traite du thème du partage et, d'une certaine façon, de celui de la déshérence des femmes au regard du droit coutumier et du système communautaire et patriarcal dominant au sein la société kabyle. Le jury a attribué l'Olivier d'or du meilleur film documentaire à Zahra Sissani, une réalisatrice issue de l'émigration pour son excellent film la Langue de Zahra qui s'est intéressée au lien charnel qu'entretiennent les femmes avec la langue. Le documentaire, qui mérite amplement la récompense, est une belle allégorie sur le rôle des femmes dans l'entretien et la sauvegarde de la mémoire et des valeurs. Un prix d'encouragement, un autre du public et des distinctions récompensant la meilleure interprétation féminine et masculine, le meilleur décor, la meilleure direction photo ont attribués par le jury principal du festival qui a, également, primé quatre scénarios. Le grand prix dans la catégorie jeunes talents a été décerné au film Uzzu qu'on pourrait traduire par la douleur d'aimer, un documentaire presque intimiste sur l'amour dans notre société, de Sonia Ahnou qui est allée à la rencontre d'étudiants pour les inciter à parler de leur expérience dans le domaine. L'Encre et le Monde de Sofiane Bellali a remporté l'Olivier d'or du meilleur court métrage.
S. Aït-Mébarek
Attribution de l'Olivier d'or du long métrage, un choix cornélien du jury
La décision prise lors de l'édition précédente par le jury présidé par le réalisateur Mohamed Ifticène de ne pas décerner l'Olivier d'or a été, visiblement, évitée de justesse, encore une fois, à l'occasion de la présente édition du festival. C'est ce qu'on peut retenir du propos de Omar Hakkar interrogé par le Soir d'Algérie sur les réserves formulées par les membres du jury parmi lesquels le consensus a été long à se dessiner — «après, dira-t-il, d'âpres discussions » — pour l'attribution du grand prix récompensant le meilleur long métrage de fiction. Explications.
Omar Hakkar (président du jury) :
«Il y a eu, effectivement, de longues discussions pour décerner l'Olivier d'or du meilleur long métrage. Si nous avons constaté que le documentaire et le court métrage ont été d'une bonne qualité technique et artistique, ce n'est pas tout à fait le cas pour les quatre films de long métrage. C'est pourquoi les discussions ont été âpres et pour arriver au choix du long métrage qui a été primé aujourd'hui. Ce qui a prévalu dans notre choix, c'est le thème du film abordé par Vava Moh. Ni le côté technique ni les scénarios de qualité très moyenne des quatre films en compétition ne nous ont convaincus en tant que membres du jury pour qui, il est apparu un déséquilibre flagrant entre les choix techniques et la dimension artistique des productions en question.»
Propos recueillis par S. A. M.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Le Soir d'Algérie
Source : www.lesoirdalgerie.com