
Un carrefour de la KabylieLa récente décision de créer un espace irrigué le long d'oued Sahel et qui englobera une partie des terres fertiles reste une lueur d'espoir.Le village de Chorfa n'arrive pas à se démarquer de son titre de village malgré l'essor qu'il a connu. Situé sur la frontière avec la wilaya de Béjaïa, il est aussi un point de passage obligatoire vers Tizi Ouzou par Aghbalou. Le lieu a pris de l'ampleur avec de nombreuses constructions qui sont venues meubler les deux abords de la route nationale. Quelques administrations ont aussi élu domicile mais rien d'autre. En matière d'investissement et de création d'emploi c'est le désert.Le manque d'opportunité obligea bon nombre de natifs à venir se reconvertir en commerçants le long de la route ou à quitter définitivement la contrée pour d'autres régions. Même cette solution, le commerce informel, semble vouée à la disparition. L'ouverture prochaine de la pénétrante Thamallahth- Béjaïa mettra un terme à ces activités circonstancielles. Pareille situation a été déjà subie par les communes du nord de la wilaya à l'image de Kadiria, Aomar et plus à l'est El Esnam, Bechloul, El Adjiba. L'autoroute réalisée a «ruiné» le commerce et les activités de prestation dans ces régions. Le village de Chorfa qui a enfanté des centaines de chahids mérite mieux. Le manque de projets dans divers secteurs a poussé les autochtones à quitter l'agriculture et ses produits du terroir. La déperdition ira jusqu'à mettre un terme aux valeurs qui faisaient la fierté de ses natifs. A Chorfa, on célèbre les mariages dans une salle. Cette idée était inconcevable il y a quelques années. Par le passé et en toutes circonstances, les voisins s'entraidaient et chacun participait avec son peu de moyens. L'esprit familial fraternel régnaient. Le modernisme, mais et surtout l'individualisme, a pris le dessus et la vie dans un village ne se distingue plus de celle des villes. Si beaucoup ont préféré rester et vivre misérablement, d'autres ont cédé à la tentation et ont vendu leurs terres. Les jeunes livrés à eux-mêmes et voyant leur avenir s'assombrir ont épousé corps et âme les idées et revendications contenues dans la plate-forme d'El Kseur. L'arrivée d'une jeune équipe dirigeante à la tête de l'APC a fini par apaiser les esprits. Pour permettre à cette région d'acquérir son droit et sa part du bien-être, les pouvoirs centraux doivent désormais changer leur regard vers cette partie du territoire qui a consenti d'immenses sacrifices pour qu'aujourd'hui l'emblème national flotte partout. Les efforts faits en matière de raccordement en électricité en gaz, la réalisation de structures éducatives, l'aménagement urbain en certains lieux, l'AEP... sont autant de choses positives qui ont atténué les souffrances de la population. En face, il y a ce chômage et, l'inexistence de structures en mesure d'absorber le fort taux d'inactivité, rend les efforts cités dérisoires. La récente décision de créer un espace irrigué le long de l'oued Sahel, lequel englobera une partie des terres fertiles, reste une lueur d'espoir. L'huile d'olive, les figues, les grenadines, les asperges... sont ces fruits et produits hautement qualifiés que produisaient les vergers de Chorfa et qui s'étendaient de la limite avec Raffour jusqu'à la commune de Tazmalt.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Abdenour MERZOUK
Source : www.lexpressiondz.com