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Chômer et voter ne riment pas pour les jeunes



Chômer et voter ne riment pas pour les jeunes
De notre correspondant à Tizi Ouzou
Lakhdar Siad

Selon des chiffres récents d'organismes d'Etat, 73% des chômeurs en Algérie ont moins de 30 ans. Un taux officiel plus qu'inquiétant, d'autant plus que ce niveau est discutable, si l'on se réfère aux conditions d'insertion professionnelle précaires de milliers d'autres jeunes dans le cadre des dispositifs tous azimuts mis en place pour justement la résorption du chômage. Et c'est là un véritable réservoir électoral en dormance. Concernant cette dernière catégorie depuis son lancement en juin 2008, l'Agence nationale de l'emploi (Anem) a permis l'insertion professionnelle de 1 156 980 chômeurs dont 441 925 durant les sept premiers mois de l'année 2011, avait affirmé le directeur général de l'Anem, Mohamed Tahar Chalal, lors d'un colloque à Tizi Ouzou sur la question qui a mobilisé et continue de mobiliser les plus hautes instances de l'Etat, sans pour autant permettre aux jeunes de voir leur rêve d'avoir un travail stable se réaliser.
A la même rencontre organisée par l'Université Mouloud Mammeri de Tizi Ouzou, le même responsable avançait un taux de chômage de plus de 10%. Un chiffre qui pourrait être contredit facilement, vu l'ampleur du phénomène, notamment en Kabylie où il dépasserait les 50% dans des localités, selon des sources locales. C'est dire que le désintérêt des jeunes de la chose politique est une conséquence logique du calvaire quotidien qu'ils endurent et des promesses jamais concrétisées des hommes politiques quant à un avenir meilleur sous le ciel Algérie.«La plupart des chômeurs sont des primo-demandeurs et 16% des demandeurs sont des diplômés universitaires selon les statistiques de l'année écoulée», avait détaillé le DG de l'Anem. «Pourquoi voter pour des personnes qui gagnent des millions par mois sans rien faire et nous oublient dès qu'ils sont à Alger, à l'APN», résume un jeune chômeur de Tizi Ouzou. Un avis que partagent des milliers d'autres jeunes qui boudent à chaque fois les urnes, surtout que mêmes les jeunes comptabilisés parmi les recrues des dispositifs d'aide à la création d'emploi se rebiffent et dénoncent leur situation qu'ils jugent indigne des promesses de travail et des discours électoraux à la veille des élections.Le 15 avril dernier, des centaines de travailleurs du pré-emploi de la wilaya de Tizi Ouzou avaient marché dans les rues de Tizi Ouzou et scandé «Bouteflika, on veut nos droits», «halte à l'exploitation», demandant notamment la régularisation de leur situation instable. Une semaine auparavant, d'autres travailleurs sous contrat à durée déterminée (CDD) avaient tenu un sit-in devant le siège de wilaya de Tizi Ouzou pour demander la même chose.A ce sujet, sur les murs des villages et places publiques de la région des Kabylie est apparu, ces dernières années, le cri d'alarme «Nerwa lhif» (on est gavé de misères) qui en dit long sur le désarroi de la jeunesse locale. La région n'embauche presque plus et de ce fait est fuie par la masse des chômeurs qui partent vers l'intérieur du pays ou à l'étranger pour les plus chanceux d'entre eux. La grande majorité cherche des solutions individuelles et sans passer par les canaux officiels de recrutement qui sont pour eux une chimère, rien de plus. La jeunesse locale, censée être une locomotive de développement et d'affirmation de soi, perd ses repères et prend ses distances vis-à-vis du pays natal et de la plupart des organisations politiques implantées localement. Elle cherche une rente plus ou moins régulière pour se mettre à l'abri du besoin et ne pas trop demander ou attendre des parents ou de la famille en général. Le travail est jugé comme une vaine projection électoraliste.Avec un taux de chômage de 25%, selon des statistiques officielles de 2006, la wilaya de Tizi Ouzou enregistre l'un des plus importants niveaux dans le pays. Rien que pour l'année 2010, 87% des demandes d'emploi déposées au sein des divers organismes de soutien à l'emploi sont restées sans suite favorable, et sur plus de 23 000 demandes d'emploi, près de 3 000 seulement ont abouti en 2010, avec un taux d'affectation de 13% uniquement. En 2009, la wilaya de Tizi Ouzou n'avait enregistré que 4 194 placements sur un total de 27 904 demandes. Alors qui peut convaincre les jeunes d'aller voter pour des députés '


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