
Ce sont Arezki Kaced et Younès Arroudj ? l'un est quadragénaire et l'autre trentenaire ?, amoureux de cette pratique ancestrale de survie en des moments difficiles, lors de calamités naturelles ou provoquées, notamment.C'est ainsi que Younes (du village Aït Issad) et Arezki (d'Aït Salah), vivant dans la région de Bouzeguène (Azazga), à l'est de Tizi Ouzou, ont procédé, il y a plus d'une année, à la création d'une coopérative d'activités agricoles, exclusivement.«Après l'obtention de plusieurs diplômes et des années de pratique dans ce domaine, nous n'avons pas d'autre choix que de renouer inéluctablement avec cette noble activité économique, parfois d'épanouissement social en période de stabilité, parfois de survie, que nos aïeux ne délaissaient jamais», pensent les deux complices dans ce projet. Ils passent leurs nuits sur les champs, aidés en cela par d'autres jeunes apprentis, notamment dans la surveillance contre les incendies.Ainsi, grâce à des facilités obtenues avec la Banque de l'agriculture et la CCLS (Coopérative des céréales et des légumes secs), qui «nous ont encouragés par un crédit bancaire, nous avons opté de travailler ces étendues de terres fertiles non exploitées par leurs propriétaires à Boubhir», un lieudit relevant de la commune d'Illoula Oumalou (daïra de Bouzeguène).Mitoyennes avec l'oued, «ces terres, qui n'ont pas été travaillées depuis l'indépendance, nous ont été confiées par leurs propriétaires pour les labourer et exploiter de façon gracieuse, c'est-à-dire sans aucune contrepartie, sinon cette satisfaction de les voir transformées en terres arables et productrices de récoltes.Nous les avons donc défrichées en nous donnant de la peine à les débarrasser des buissons de genêts et autres maquis, avant d'y entamer les labours et les semailles, depuis l'année dernière», ajoutent nos interlocuteurs.La surface, qui dépasse présentement les 80 hectares, connaîtra une extension au début de la saison des semailles, qui interviendra dans quelques semaines, expliquent-ils, précisant qu'ils ont été, dès lors, sollicités par d'autres propriétaires de terres voisines à exploiter leurs parcelles de la même façon qu'avec les autres. A la dernière décade de juin 2016 (en plein Ramadhan), les deux agriculteurs ont opéré la moisson et le battage de leurs récoltes de blé dur et de blé tendre sur place à l'aide d'une moissonneuse-batteuse que la CCLS leur a prêtée à cette occasion.Tout en sueur en ces journées caniculaires et très satisfaits des récoltes céréalières obtenues, nos jeunes cultivateurs, rencontrés sur les lieux, expriment leurs «vifs remerciements à la directrice de la subdivision agricole de Bouzeguène, Mme Babou, ?'qui nous a beaucoup aidés par des conseils, avant d'entamer l'emblavement. Les maires de Bouzeguène et d'Ifigha nous ont aussi apporté un grand soutien ».Ils avouent cependant que les quantités d'azote reçues n'étaient pas suffisantes pour autant de semailles, mais ils espèrent convaincre à l'avenir pour obtenir ce qu'il faut en la matière, sachant que l'agriculteur connaît mieux que tout autre la fertilité du sol et la quantité qui lui est nécessaire pour obtenir de bonnes récoltes. Arezki, conducteur de la moissonneuse-batteuse de la CCLS, compte une expérience de dizaines d'années dans ces métiers de l'agriculture, en plus de 'machiniste hors pair?. «Au terme des récoltes, nous remettrons ces dernières à la CCLS, qui procédera à leur vente, tandis que nous partageons, à deux, les bénéfices, et ce, jusqu'à apurement de la totalité de nos crédits bancaires».«Nous allons nous lancer aussi dans le maraîchage, un domaine que nous maîtrisons parfaitement, comme nous projetons de créer à l'avenir une école de formation en agriculture pour les jeunes (garçons et filles), y compris pour des analphabètes. Des aides de l'Etat nous seraient nécessaires au début, mais après, ce sera nous qui aiderions notre Etat dans ce domaine», disent-ils convaincus. Ces aides consistent en l'acquisition de serres, d'autant que l'oued mitoyen ne tarit jamais. Arezki Kaced détient tous les diplômes en matière d'agriculture (apiculture, fromagerie?), obtenus lors de ses divers stages, notamment à l'école pilote de Draâ Ben Khedda. «En Kabylie, nous continuons toujours avec les anciennes méthodes traditionnelles d'une seule récolte par an.Or, aujourd'hui, nous pouvons travailler, produire et récolter sans arrêt, en saison et en arrière-saison», explique Younes Arroudj. Ces agriculteurs n'ont nullement peur de la dégradation des récoltes par des sangliers ou des oiseaux.«La peur qui nous habite c'est bien la nonchalance de certains bergers, qui laissent leurs bêtes faire des dégâts dans nos champs, comme nous sommes tout le temps sur le qui-vive, redoutant des incendies». Ces coopérateurs espèrent qu'ils ne tarderont pas à «être rejoints par d'autres amoureux du travail de la terre en vue de revigorer davantage les sols de la région et régénérer la céréaliculture, dont nous sommes en mesure de dégager des excédents pour l'exportation». Ils attendent encore de l'aide en vue d'acquérir un tracteur et une moissonneuse-batteuse avec leurs équipements, «un matériel qui nous permettra de toujours finir nos tâches à temps et d'assurer de la rentabilité».
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Salah Yermèche
Source : www.elwatan.com