
Des faits, pourtant importants, sont souvent ignorés par beaucoup de témoins qui ont vécu de près ou de loin le printemps amazigh, d'il y a 37 années.Ils sont nombreux ces petits détails d'apparence sans importance que l'histoire ne met pas en avant-plan au sujet de ce qui s'est passé le 20 avril 1980. Des faits, pourtant importants, sont souvent ignorés par beaucoup de témoins qui ont vécu de près ou de loin le printemps amazigh, d'il y a 37 années.Aussi, la conférence qui devait réunir, ce jeudi 20 avril, à la petite salle de la Maison de la culture, des militants de la cause amazighe et des acteurs du mouvement n'a pas été enrichie par leur présence, mais elle a été plutôt riche en petits détails qui, pour certains, ont été les éléments déclencheurs de la déferlante populaire qui a envahi la ville de Tizi Ouzou durant plusieurs jours en 1980 alors qu'il était, quelques jours auparavant, inimaginable de sortir dans la rue braver les services de sécurité. Un crise berbère ou une crise antiberbère' Aussi, la table ronde attendue n'a finalement réuni qu'une personne, Saïd Boukhari, militant de la cause berbère et syndicaliste. Dans sa conférence, l'orateur est revenu sur l'historique du mouvement national et la crise berbériste. Pour Saïd Boukhari, il faut aujourd'hui dire les choses telles qu'elles sont car, par le passé beaucoup de vérités ont été cachées, voire déformées. Pour l'orateur, il n'y a jamais eu de crise berbériste, mais ce qui s'était passé était en réalité une crise anti-berbériste. En fait, le conférencier a longuement abordé ce fait pour expliquer le point de départ de ce problème que vit encore l'Algérie indépendante. La crise qui a secoué le mouvement national à ce moment justement n'existait pas, ajoutait-il, à la naissance des premiers balbutiements indépendantistes avec l'Etoile Nord-Africaine. L'orateur va, tout au long de sa conférence s'atteler à énumérer des petits faits vécus qui s'avèreront d'une importance capitale dans la formation de la conscience berbériste post et pré-indépendance. Mais en fait, le fait le plus important sera révélé à la fin de la communication. C'est lors des débats plus exactement. Un autre militant et syndicaliste, a tenu à apporter ce complément qui change toute l'histoire. Ce ne sont pas les militants berbéristes qui ont fait sortir la population dans la rue malgré le travail de conscience fait pas les acteurs en ces temps là tous étudiants. Pour Belkacem Ramdhane, c'est un stratagème utilisé par les syndicalistes de l'Eniem d'Oued Aïssi, également militant du FFS qui a mis le feu aux poudres. En effet, ajoute-il, alors que l'ordre d'évacuer le campus universitaire par les forces de l'ordre a été donné, des réunions ont regroupé les travailleurs des complexes industriels de la wilaya, Taboukert, Eniem de Oued Aïssi et Cotitex de Draâ Ben Khedda avec les étudiants, pour décider des suites à donner aux mouvements qui ont débuté en fait avec l'interdiction de la conférence de Mouloud-Mammeri. Ingénieux mais surtout rodés déjà en politique, les syndicats des travailleurs ont fait courir la nouvelle selon laquelle des étudiants et autres travailleurs ont été blessés, voire tués. La nouvelle, ajoute l'orateur, a fait tache d'huile dans les villages qui ont submergé Oued Aïssi de toutes parts de la wilaya. Ainsi, l'orateur, en enrichissant la conférence, de Saïd Boukhari, a révélé un fait d'une importance capitale mais que l'histoire du printemps berbère ne semble pas retenir dans sa mémoire. Mais les faits sont souvent...têtus.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Kamel BOUDJADI
Source : www.lexpressiondz.com