Tizi-Ouzou - A la une

C'est devenu une fatalité et c'est cela qui est difficile



C'est devenu une fatalité et c'est cela qui est difficile
-Existe-t-il toujours des zones dangereuses du fait des groupes terroristes 'Je vous répondrais qu'il n'y a pas de zone dangereuse. Je suis natif de la région, je l'ai sillonnée, j'ai été dans tous les villages avant d'être président d'APW. Mais ne me croyez pas. Parce que je vous le dis, mais il se peut que n'importe où, vous savez que le terrorisme est insidieux, il est un peu mélangé à la population, on ne sait pas qui est qui. Aujourd'hui c'est une nébuleuse, on nous dit de temps en temps que le terrorisme a disparu, mais force est de constater qu'il y a encore des kidnappings qu'il y a de temps en temps un terroriste qui apparaît quelque part. Le Djurdjura est immense, le maquis est immense. Tant que le problème n'est pas résolu définitivement, il faut être vigilant.-Comment la région essaye-t-elle de lutter contre le terrorisme 'Dans la région en elle-même, en tant qu'ensemble de citoyens, il n'y a pas de lutte contre le terrorisme. Nous vivons normalement. Mais le gouvernement algérien, les services de sécurité ont leurs plans. Nous ne sommes pas automatiquement informés, en tant qu'élu, de ce qui se passe ou des ratissages, c'est de l'ordre du sécuritaire. Il n'y a pas de plan particulier à la région. A vrai dire, le citoyen ou l'élu vivent de manière normale jusqu'à ce qu'on entende que, quelque part, il y a eu un attentat ou un kidnapping. C'est devenu presque une fatalité et c'est cela qui est difficile. De temps en temps, on vit dans l'insouciance. Il m'est arrivé moi-même de rentrer à minuit chez moi, dans la commune d'Aït Bouaddou, je n'ai jamais pensé que cela pouvait m'arriver. Est-ce une erreur d'agir de la sorte, je ne sais pas? Mais la bête immonde est là.-Durant le rassemblement devant l'université, hier, les participants avaient peur des conséquences de cet assassinat sur la région. Que pouvez-vous leur répondre 'Je réponds que toute inquiétude est justifiée. Et que je comprends. Cela dit, ce Daech-là, cette mutation du terrorisme concerne le monde entier. Cela se passe en Irak comme en Syrie. Les pays les plus à même de lutter contre eux sont réunis dans une coalition mondiale. En Algérie, cette lutte remonte à loin. Il faut qu'il y ait une conscience contre ce type de terrorisme.-C'est pourtant en Kabylie qu'on sait qu'il existe des maquis où des petits groupes persistent depuis les années 1990?Vous savez, quand on dit Tizi Ouzou, on dit maquis, on dit Djurdjura. C'est là où nos maquisards, entre 1954 et 1962, ont fait souffrir l'armée française coloniale. C'est un terrain propice justement pour cela. Les reliefs ont permis à ces groupes de survivre, de subsister. Il y a des casemates, des chemins qui ne sont pas empruntés par le simple civil, c'est cela qui fait que, dans la région, il y a encore des terroristes. Mais ces derniers existent ailleurs, à Batna, à Jijel, ils sont partout en Algérie. Il y a un repli conséquent ici, mais toutes les informations sécuritaires sont filtrées, elles ne sont pas à notre portée. Contrairement à ce qui se dit, nous vivons dans la paix, nous vivons à Tizi Ouzou. Les touristes viennent, les entrepreneurs travaillent. Il n'y a pas cette phobie viscérale. Il se passe des choses de temps en temps, comme ailleurs. L'accent qui existe dans la région l'est essentiellement pour des raisons géographiques, à mon avis. Je ne pense pas que ce soit pour des raisons politiques.-Vous dites que la région vit en paix, mais le mode opératoire de ce groupe est extrêmement violent. Ne pensez-vous pas que cela peut-être différent, cette fois 'Nous ne ressentons pas de panique, tant mieux. Nous appelons les citoyens à la vigilance, à être là et à faire attention. Ca veut dire rester sur ses gardes mais continuer de vivre, de travailler, tout en faisant attention pendant les déplacements. Il n'y a pas longtemps, 14 militaires ont été tués dans la même région par des terroristes. Qui sont-ils ' On ne le sait pas. Cela n'a pas fait le même bruit parce que ce sont des Algériens tués par un groupe algérien. De temps en temps il y a des rackets, des assassinats, des kidnappings, mais les informations ne sont pas reprises par les médias étrangers. C'est presque devenu normal. Nous vivons dans un climat de terrorisme depuis longtemps, alors certains trouvent «normal» que des militaires soient tués?.


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