Tizi-Ouzou - Revue de Presse

Beni Saf - Ils ont dérivé pendant cinq jours



9 harraga sauvés d’une mort certaine Dans ce nouveau cas d’émigration clandestine, ce que regrettent le plus les 9 aventuriers qui viennent d’être sauvés d’une mort certaine, c’est qu’ils étaient, selon leurs propos, arrivés «à la source mais n’ont pu goûter à son eau». En effet, selon Z.K., 33 ans, se disant entraîneur de kick boxing, «les côtes espagnoles étaient en vue lorsque notre moteur de 50 cv a subitement rendu l’âme. Et le vent d’ouest nous a, par la suite, renvoyés vers notre point de départ, les côtes algériennes». Ces jeunes avaient cotisé pour l’achat d’un Zodiac «Type Mag 3», d’un moteur, d’une boussole et d’un appareil GPS, signalera B.S., 31 ans, un mécanicien originaire de Tizi-Ouzou. Le tout aura coûté, précisera-t-il, près de 900.000 dinars.Bien à l’aise sur ce 5,60 mètres, les candidats à l’Eldorado ont pris le départ dimanche dernier, vers minuit, de la plage de Kristel dans la wilaya d’Oran. Et, cap vers l’Espagne! Après 5 ou 6 heures de navigation, le puissant moteur sur lequel se relayaient les harraga a soudain lâché. Un malheur n’arrivant que rarement seul, le vent d’est et des courants de l’ouest ont commencé à faire dériver la frêle embarcation. Au quatrième jour, toujours selon les harraga, ils auraient reconnu, au loin, le port d’Arzew vers lequel ils ont tenté de ramer de toutes leurs forces. A nouveau, la malchance s’est abattue sur le groupe puisque non seulement un vent violent s’est remis à les pousser vers l’ouest, mais le Zodiac a commencé à prendre eau de toutes parts. «A tel point, dira Z.K., qu’il fallait souquer sans cesse, écoper et jeter par-dessus bord tout ce qui pesait: moteur, couchage, banquettes et ce qui restait de la réserve de 240 litres d’essence emportés au départ...». Hier matin, au large de Beni Saf, dans la wilaya d’Aïn Temouchent, ils ont été délivrés de leur cauchemar par les garde-côtes et hospitalisés. Bien qu’affaiblis par le manque de nourriture et le rationnement de l’eau, leur état de santé n’inspire pas d’inquiétude. L’un d’eux dira: «Nous avons frôlé la mort. A plusieurs reprises, le Zodiac a chaviré. Heureusement personne n’a été emporté». Quant à l’entraîneur de kick-boxing, il remerciera son Créateur et aura une pensée émue pour ses élèves auprès desquels, espère-t-il, il serait heureux de reprendre rapidement son métier. Madani M.
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