Le débat sur la Déclaration de politique générale du gouvernement s'est poursuivi, jeudi au Conseil de la nation. La réponse du Premier ministre est attendue, aujourd'hui. Au troisième jour de la plénière, les intervenants ont mis l'accent sur la nécessité de jeter les bases d'une réforme administrative globale à même de renforcer la confiance du peuple en les institutions de l'Etat. Dans ce contexte, Mohamed Amroune, membre du tiers présidentiel a déclaré que «le gouvernement doit investir dans la confiance du peuple pour permettre l'instauration d'une citoyenneté effective à même de protéger le pays des bouleversements actuels au plan international». Plusieurs autres ont saisi cette occasion pour saluer le rôle de l'Armée et de tous les services sécuritaires dans la protection du territoire national.Mehenni Haddadou du FFS a interpellé le gouvernement sur «la question des détenus politiques et d'atteinte aux libertés démocratiques». «Au moment où je lis mon intervention, plusieurs détenus croupissent encore en prison pour un mot, une opinion ou une publication, le pouvoir doit réaliser qu'aucun modèle de développement économique ne peut aboutir sans l'ancrage et le respect des libertés et de tous les droits...», a martelé Abdenour Derguini de la même formation. «L'Algérie a vécu une révolution populaire pacifique pleine d'espoir le 22 février 2019, mais le processus qui s'en est suivi n'a pas répondu jusqu'ici aux attentes des Algériens...», a-t-il poursuivi sur sa lancée. «Ce que nous vivons aujourd'hui, démontre que «l'Algérie est dans une impasse en raison des tentatives de la remise en cause du pluralisme», a-t-il déploré. Pour l'intervenant, il y a une volonté «délibérée» pour détruire toute voix politique, associative, syndicale discordante.... Il met en garde sur les conséquences de cette impasse, qui ne fera que reproduire l'échec. «Nous disons clairement que la suppression des libertés est l'allié objectif de tous les plans d'ingérence étrangère dans nos affaires, et un agenda qui sert les objectifs de l'impérialisme et du libéralisme universel sauvage», a-t-il poursuivi. Un autre intervenant a qualifié le document du gouvernement d' «un ensemble de déclarations d'intentions dépourvues de mécanismes de suivi et des moyens de sa concrétisation...». S'agissant du contrôle de l'action de l'Exécutif par le Parlement, il indique: «Malgré le fait que la loi oblige le ministre des Finances à présenter un bilan sur l'annulation et les transferts des budgets sectoriels chaque fin d'année à la Commission des finances de l' APN, le gouvernement qui a modifié et transféré, à de nombreuses reprises, des budgets sectoriels ne s'y est jamais conformé...», a-t-il déploré, ajoutant «malgré la fermeture de certains fonds spéciaux, des milliards de dinars continuent à être déboursésr par le biais de ces fonds, appelés également caisses noires, qui ne sont soumis à aucun contrôle ni même à la Cour des comptes». «Je me demande ce qu'il en reste de contrôle parlementaire après avoir privé le Parlement de ce pouvoir'», s'est-il demandé... Rabah Menaoum, sénateur FFS de Tizi Ouzou, a dénoncé «une violation de la Constitution» du fait que la langue officielle tamazight «ne soit pas encore adoptée au sein du Parlement». Pour sa part, El Hadj Nour, a proposé «l'amendement des lois non conformes aux conditions de développement et d'investissement et la mise en place d'un comité de réforme administrative, tout en décentralisant la gestion». Bouziane Zekraoui, du mouvement El Bina, a quant à lui, insisté sur l'impératif de «prendre des mesures alternatives assurant le confort du citoyen et de dégeler les projets prévus dans plusieurs secteurs, pour relancer le développement et créer des postes d'emplois».
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Mohamed BOUFATAH
Source : www.lexpressiondz.com