Tizi-Ouzou - A la une

Béjaïa : Sandra Zidani, en goguette dans son "Retour au pays"



Elle est Belge d'origine algérienne par son père. Elle aime "le Plat Pays" autant que Jacques Brel, mais l'Algérie qu'elle n'a connue que par ouï-dire, lui colle à la peau. "Je suis Algérienne jusqu'au bout des ongles", confie-t-elle.
A l'évidence, Sandra Zidane, ne s'épargne pas la souffrance que génère la double culture. Mais au lieu de sombrer dans la jérémiade, elle préfère en rire et croquer avec dérision son ambivalence et les "difficultés pour celui qui quitte sa terre natale pour aller vers une culture totalement différente".
"Retour en Algérie", produit en 2010 et présenté, au "Théâtre Abdelmalek Bouguermouh", est son histoire personnelle. Elle y raconte, son angoisse de retrouver le pays de son père, dont elle ne connaît rien, au demeurant, mais ne renonce pas à son voyage malgré les contretemps, une météo exécrable, les nouvelles peu rassurantes et la pression dissuasive de ses relations.
L'appel du pays en est plus fort car, au bout du voyage, se dessine déjà "une identité, un rêve oublié, une attente". Peut-être pas les siennes, en premier chef, mais, celles de son pèreà assurément.
La trame en soi est poignante. Mais, pour l'humoriste qu'elle est, tous les n£uds sont des motifs à plaisanterie, entraînant à chaque réplique égrenée, des pétarades de rires et des émerveillements poétiques. Ses textes sont soigneusement "travaillés" et ses réparties subtilement balancées.
Morceau choisi : immolation d'un veau lors des retrouvailles au village de Tamda (Tizi-Ouzou). "Le veau n'en finissait pas d'être mangé. Arezki en a déduit que c'était la multiplication du veau et qu'il s'agissait là d'une bénédiction de Dieu. J'ai eu ma part de baraka".
En fait, le spectacle a été expurgé de toute la partie inhérente au voyage et à la découverte du village et du pays, évoqué dans un seul tableau narratif.
Toute l'histoire, en fait, a eu comme théâtre, l'aéroport de Bruxelles. Paralysé par la neige et siège d'un véritable chaos, Sandra se retrouve figé dans son voyage, exacerbé par l'attente flippante de son avion.
Mais paradoxalement, cette attente lui offre l'occasion de croiser une foule bigarrée de voyageurs et d'employés, qui lui permettent de dessiner des portraits humains exquis et fascinants. Et le récit, qu'elle en fait, soutenu par d'attachantes compositions musicales, reproduit la diversité culturelle du monde, à.et surtout son caractère chatoyant. Sa double culture en est le bel exemple.
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