Tizi-Ouzou - A la une

"Basta au banditisme en Kabylie!"



Malgré les coups de boutoir des services de sécurité, le banditisme sévit toujours...Solidaires avec la victime du kidnapping, les populations de Béni Zmenzer marchent et entament une grève générale.La région de Béni Zmenzer a été paralysée par la grève à laquelle avait appelé la veille un comité de solidarité avec la famille du jeune homme kidnappé vendredi dernier par des individus inconnus. L'appel a eu un écho sans précédent au vu du nombre de citoyens qui sont venus battre le pavé. Comme prévu, des milliers sont venus participer à cette action, alors que les commerçants, de leur côté, ont quasiment tous répondu à l'appel par l'affirmative durant toute la matinée. Non loin de là, un grand rassemblement a eu lieu à l'issue de la marche devant le siège de la mairie. La ville a été paralysée durant toute la matinée d'hier. Les marcheurs qui se dirigeaient vers la mairie scandaient des solgans appelant à la libération inconditionnelle de la victime en présence de sa famille. D'autres slogans exprimaient le ras-le-bol des populations qui continuent de souffrir le martyre.Lors de la prise de parole, les organisateurs promettent d'autres actions dans les prochains jours. Des campagnes d'affichage et des rassemblements seront initiés. Des appels sont d'ores et déjà lancés pour étendre le cercle de la solidarité à d'autres communes.La solidarité des villageois, née presque spontanément quelques heures seulement après la nouvelle de la disparition du jeune commerçant, est en fait un signe de ras-le-bol de ces actes de banditisme qui continuent malgré les incessants appels de détresse lancés depuis des années. «Nous avons bien compris qu'il s'agissait d'un kidnapping dès les premières heures de l'arrivée de la nouvelle au village.Les gens disparaissent comme ça, comme si nous étions dans une jungle» tonne un jeune de la région avant que son ami ne surenchérisse en répliquant qu'une impression d'abandon se généralise de plus en plus parmi les populations. Le kidnapping a été confirmé lorsque, dans la soirée, le père de la victime reçoit un appel anonyme le sommant de payer une rançon comme condition de la libération de son fils. Elle était, selon des sources crédibles, de 300 millions de centimes. Le lendemain, des citoyens retrouveront le véhicule de la victime de marque Toyota sur le chemin des Ouadhias. Le jeune enlevé, lui, reste dans le secret des dieux. L'histoire des kidnappings est longue en Kabylie. La région est à son 78e cas déclaré. Les autres qui ont payé en silence pourraient être plus. Après un repli de plusieurs mois, les bandes signent là un retour en force. En l'espace d'une semaine, deux jeunes ont été victimes. Le premier, à Boudjima a eu plus de chance que le second. Car ce jeune de Béni Zmenzer est la seconde victime en l'espace d'une semaine. Deux jours auparavant, un jeune commerçant de Boudjima a été plus chanceux en échappant de justesse des griffes de ses ravisseurs. Il a réussi miraculeusement à s'extraire de la tentative de son enlèvement par des individus armés et encagoulés comme à l'accoutumée. Des témoignages racontent que la victime A. Mokrane, habitant au village Iserrajen, à 200 mètres seulement du chef-lieu de la commune a été intercepté tôt dans la matinée par des inconnus qui ont braqué des armes sur lui le sommant de les suivre. Sous la menace, le jeune a pu fuir essuyant des coups de feu qui ne l'ont, fort heureusement, pas atteint. Ainsi donc, le nombre de cas signalés dans la wilaya de Tizi Ouzou depuis une décennie est porté à quelque 78 cas. Des cas qui ont été signalés par les victimes seulement car d'autres, plus nombreux, ont payé les rançons dans le silence total. Les premières années de l'apparition de ce phénomène, en 2005, les parents des victimes subissaient le diktat de ces groupes dans le silence, la peur et aussi la solitude. Trois victimes ont été exécutées alors que le reste a été libéré après versement de la rançon et d'autres suite à la pression des populations solidaires. Toutefois, c'est à Iflissen que le mur de la peur a été vaincu lorsque les villageois se sont élevés contre les bandes en signifiant clairement leur refus de céder à leur diktat.


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