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Au-delà du folklore et de la commémorationPatrimoine villageois amazigh



Au-delà du folklore et de la commémorationPatrimoine villageois amazigh
La question du patrimoine ne doit pas être perçue uniquement comme un objet de folklore et de commémoration, mais doit être considérée dans le cadre de sa préservation et de son intégration dans une dynamique ouverte sur le présent, a indiqué, à Tizi-Ouzou, M. Brahim Salhi, enseignant au département de langue et culture amazighes à l'université de Tizi-Ouzou. Intervenant dans le cadre de deux journées d'étude sur le patrimoine villageois amazigh, organisées à la maison de la culture Mouloud- Mammeri par le Haut commissariat à l'amazighité (HCA), le conférencier, qui a donné une communication intitulée « Patrimonisation, entre utopie et réalité », a précisé que « l'exercice de mémoire contre l'oubli, qui consiste à glorifier le patrimoine, est, certes, nécessaire, mais il doit s'inscrire dans une dynamique ouverte sur le présent ». M. Salhi a souligné que deux grandes périodes ont marqué la rupture des Algériens avec leur patrimoine. La première est celle coloniale qui a « perturbé considérablement » la production artisanale vernaculaire. « Les objets produits localement et qui étaient utilisés au quotidien ont été remplacés par ceux imposés par le marché colonial », a-t-il observé. Le patrimoine bâti a subi, lui aussi, de manière progressive, un changement qui a été également imposé par le colonisateur, notamment avec « l'arrivée d'une nouvelle architecture via l'espace scolaire, dans les villages, modèle qui a été ensuite reproduit », a-t-il ajouté. La seconde rupture s'est produite après l'indépendance, avec le projet de modernisation de la société adopté à l'époque et l'apparition des constructions à la verticale et collectives, a ajouté le conférencier. Aujourd'hui, a-t-il dit, il est « nécessaire » de repenser à la préservation de ce patrimoine qui « ne doit pas être considéré comme quelque chose d'inactif et de passif », mais en « l'inscrivant dans un mouvement innovateur qui accompagne le présent et se projette dans le futur, à travers une réflexion qui permettra d'intégrer des éléments du patrimoine bâti dans des structures publiques, tels que les agences postales, les salles de soins et les centre culturels, sans tomber dans le folklore à travers la reproduction de certains symboles sur les constructions.
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