Tizi-Ouzou - A la une

Ath-Aziz, le couffin d'osier et le sac en plastique



Dans le village des Ath-Aziz, dans la commune d'Illoula-Oumalou (wilaya de Tizi-Ouzou), une association qui porte bien son nom (Thezdeg, propreté en kabyle), distribue des couffins en osier aux habitants. Ce n'est pas tout à fait la même chose que de tendre un mouchoir à quelqu'un qui vient d'éternuer mais ce n'est pas loin. Tant mieux. Le couffin vaut mieux que beaucoup de discours. Inutile de le rappeler, si les discours savants, souvent moralisateurs et parfois culpabilisants, pouvaient servir la «cause», ça se saurait. Il est des choses qui se remarquent tout de suite : quand l'environnement est sain, agréable à vivre et pourquoi pas esthétique, ça se sent et ça se voit. On s'en rend compte quand les pouvoirs publics ont le souci de la chose, élaborent une politique en la matière et veillent à son aboutissement, ça ne passe pas inaperçu. On s'en rend compte quand il existe un «mouvement associatif» engagé, passionné, déterminé et désintéressé opérationnellement entreprenant et politiquement persuasif. Ou dissuasif, selon les situations. On s'en rend compte enfin, quand les citoyens, individuellement ou collectivement, se sentent concernés par ce combat dont le moins que l'on puisse dire est qu'il est... vital. Conscients parce que convaincus, ils contribuent d'abord spontanément, sans y prendre garde et sans se sentir investis d'une quelconque mission de sauvegarde de la planète. Ils y contribuent dans les gestes ordinaires, les gestes de tous les jours, les gestes de toutes parts, mais en commençant par... balayer devant leur porte, pour rester dans le langage courant. Dans la vraie vie, le constat est effarant si on refait le tour des popotes sur ce qui a été fait depuis des lustres. Il suffit pour cela de prendre pour exemple, mauvais exemple mais utile tout de même. Et pour cause, il est révélateur de la misère des bilans, caractéristique de l'état des lieux (calamiteux) et inquiétant par ses (sombres) perspectives. Cela fait près de quarante ans et c'est manifestement loin d'être terminé que l'Etat d'un grand et beau pays, champion du monde en tout et surtout en rien du tout, parle d'éradiquer le... sac noir (en plastique). Pour l'anecdote, qui n'est peut-être pas si... anecdotique que ça, nous sommes le seul pays francophone à l'appeler «sachet», sans doute pour réduire virtuellement ses méfaits. Parce que dans la vraie vie, l'Etat algérien est incapable de venir à bout du sachet noir. Sept ans et demi pour vaincre l'armée de l'Otan, quarante ans et mazal pour régler ses comptes à une «boursa», comme disent nos amis oranais ! Voilà qui nous fait revenir à Ath-Aziz, dans la commune d'Illoula-Oumalou, dans la wilaya de Tizi-Ouzou. Des couffins d'osier, ça ne suffira peut-être pas, mais ça servira.S. L.
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