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Assi Youcef (Tizi Ouzou)Le vendeur de neige...passait par là



Assi Youcef (Tizi Ouzou)Le vendeur de neige...passait par là
Souvenirs - Le vendeur de neige déballait son butin ramené au prix de mille et une souffrances des gouffres du Djurdjura.En cette période de chaleur étouffante, les habitués de la place Thoghza dans la commune d'Assi Youcef, à une quarantaine de kilomètres au sud de Tizi Ouzou, se souviennent avec nostalgie du marchand de neige.
Ce dernier avait pris le pli, des années durant et jusqu'au début des années 90, d'y vendre de «l'or blanc», tout en créant une ambiance inoubliable en ce lieu où convergeaient les villageois.
C'est toujours en milieu de journée, quand le soleil est au zénith et où les corps se déshydratent et les gosiers se dessèchent, qu'Achour arrivait sur cette place, servant également de Tadjmait, lieu de rassemblement des archs des Amlouline, en poussant devant lui son mulet, ahanant sous le poids de la précieuse charge (la neige).
«L'or blanc arrive, l'or blanc arrive», c'est par cette «réclame», lancée avec une voix pleine de bonhomie qu'il annonçait son arrivée sur les lieux. Les clients ne se faisaient point prier pour affluer. A peine assis sur un banc de maçonnerie à l'angle d'un café maure qui ne désemplit jamais, le vendeur de neige déballait son «butin», ramené au prix de mille et une souffrances des gouffres du Djurdjura, et se mettait à servir des morceaux de ce produit qu'il découpait avec dextérité à l'aide d'une faucille d'un immense bloc émergeant, avec un éclat de splendeur, d'un sac de jute retroussé soigneusement pour mieux présenter la marchandise, tout en veillant à la maintenir à l'ombre pour qu'elle ne fonde pas au soleil. «Chacun son tour, il y en a pour tout le monde», criait-il à l'adresse des clients impatients, en les invitant, dans le cas où ils ne pourraient pas attendre, à se rabattre sur la «neige artificielle», comme il se plaisait à désigner la crème glacée servie par des machines, placées juste en face du lieu de son installation. Pour tempérer l'attente des uns et des autres, il avait toujours le mot qu'il fallait pour mettre un peu de gaieté. Aujourd'hui septuagénaire, le vendeur de neige d'Assi Youcef, qui connaît le moindre recoin du Djurdjura, rocher par rocher et arbre par arbre, pour avoir sillonné pendant plus de 30 ans, tout comme son défunt père, les sentiers de cette montagne où il lui arrivait également de transhumer pour faire paître son troupeau de moutons, ne peut plus continuer à exercer ce «métier», car ne se sentant plus la force de grimper «là haut», lâche-t-il en indiquant du doigt l'imperturbable massif granitique surplombant, au sud, la commune d'Assi Youcef.
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