Position des uns et des autres
Le retour des gendarmes en Kabylie semble définitivement réglé, selon les affirmations du ministre de l’Intérieur. Les populations, les partis et les Aarchs s’expriment sur cette question. Le retour de la gendarmerie dans certaines brigades délocalisées de Kabylie semble se préciser de plus en plus. Le ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur, M. Yazid Zerhouni, a déclaré à la presse que le retour des gendarmes est quasiment réglé et que ces forces de l’ordre reprendront du service en Kabylie petit à petit. Ainsi semble se clore ce douloureux chapitre ouvert avec la mort du jeune lycéen de Béni-Douala, Guermah Massinissa, en avril 2001, dans les locaux de la gendarmerie de cette région. Cet assassinat, rappelons-le, a plongé la Kabylie dans l’enfer du printemps noir. Cent-vingt-six (126) morts et quelques années plus tard, les choses ont-elles bougé et la population a-t-elle décidé de passer l’éponge ? La question qui est d’actualité n’est pas simple et chacun l’appréhende à sa manière.
Ainsi, le FFS et le RCD ne veulent pas se prononcer directement sur cette affaire car, pour eux, ce qui est impératif c’est la sécurité. Pour eux donc, le retour des gendarmes en Kabylie n’est pas de leur ressort et ils insistent pour dire que, tout de même, il faut bien que les gendarmes ayant dérapé soient jugés et punis. La Gendarmerie, pour sa part, a organisé des journées portes ouvertes, une façon de démontrer que «le corps a bien changé et qu’il est au service des citoyens»; tout en reconnaissant que des gendarmes reconnus coupables de dépassements ont été renvoyés. D’autre part, les Aarchs demeurent agrippés à la revendication première du départ de toutes les brigades de gendarmerie de Kabylie. Ils n’en démordent pas et remettent au goût du jour leur mise en quarantaine de ce corps.
Cependant, au cours de ces années, les terroristes ont, semble-t-il, élu domicile dans les massifs forestiers de Kabylie et le grand banditisme a fait son apparition en s’attaquant, notamment, aux fourgons de transport de fonds de banques et de recettes postales ou en s’adonnant aux kidnappings. Tout cela a porté un rude coup à la région. La Kabylie a ainsi accumulé, et de l’avis du président de la République lui-même, un important retard, elle qui, dans un passé pas si lointain, a été au fait du développement.
Aussi, revenues de leur colère, les populations espèrent dans leur ensemble que cet éventuel retour des gendarmes se fasse dans un cadre très précis, c’est-à-dire après, si possible, le jugement par les tribunaux civils des gendarmes ayant dérapé. D’autres diront que les gendarmes sont tous plus ou moins bien, sauf que, parmi eux, se sont glissés des gens qui déshonorent et la République qu’ils servent et la tenue qu’ils portent. L’on sent une certaine animosité dans les propos et ce n’est pas le colonel Hocine qui risque d’apporter la contradiction. En effet, le chef de ce groupement à Tizi-Ouzou disait à la presse, lors de l’organisation des journées portes ouvertes: «Nous souhaitons que la population nous refasse confiance car les éléments en question ont été tous radiés de notre corps.»
Les temps ne sont plus à la colère, même si beaucoup insistent pour exiger «une meilleure conduite et aussi la punition des éléments ayant fauté.»Pour la grande majorité de la population, le retour des gendarmes est une nécessité car le banditisme semble vouloir se développer dans la région».
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com