
L'opération de ratissage se poursuit alors que les discussions sur les répercussions politiques de cet attentat sanglant enflamment la rue.Au deuxième jour de l'attaque terroriste au lourd bilan qui a ciblé, durant la nuit de samedi dernier, un bus transportant des militaires dans la localité d'Iboudrarène, à une cinquantaine de kilomètres au sud-est de la ville de Tizi Ouzou, les troupes de l'ANP poursuivent toujours leur opération de ratissage.L'attaque qui s'est soldée, selon un bilan du ministère de la Défense, par 11 militaires tués et5 autres blessés, et qui coïncide avec la répression violente de la marche du 20 Avril, dimanche à Tizi Ouzou, est le sujet qui a donné le plus de fil à retordre. Toutes les discussions tentaient d'établir un lien entre ces deux événements, non des moindres, qui ont secoué la région au même moment.Le timing de ces deux événements, qui ont eu lieu à peine 48h après l'annonce des résultats de l'élection présidentielle, suscite d'innombrables lectures et alimente toutes les discussions. "Pourquoi c'est toujours la Kabylie qui fait les frais de règlements de comptes '" s'interrogeait la rue, hier, à Tizi Ouzou."Les victimes sont une perte, mais l'attentat d'Iboudrarène a néanmoins gâché la fête de la réélection de Bouteflika", estiment certains. "C'est une tentative de contrecarrer la réussite du scrutin", soutiennent les partisans de Bouteflika."Une tentative d'Aqmi de démontrer ses capacités de nuisance après les nombreux revers subis ces derniers mois dans la wilaya de Tizi Ouzou où près d'une vingtaine de terroristes a été éliminée", estiment encore d'autres.Certains préfèrent parler d'une baisse de vigilance qui a coûté très cher à l'ANP. Les plus politisés estiment qu'il s'agit d'"une réponse d'Aqmi à la main tendue du régime de Bouteflika qu'Ahmed Ouyahia a été le dernier à réaffirmer".À Iboudrarène, l'explication est tout autre.Elle se résume en un mot : silence. Un silence qui en dit long sur l'inquiétude des habitants encore sous le choc après un tel carnage. Motus et bouche cousue. Dans cette Kabylie profonde, l'on cherche simplement à vivre dans la paix, loin des balles des terroristes et des militaires.Il est vrai que le temps où les routes étaient des coupe-gorges n'est qu'un mauvais souvenir, mais l'inquiétude est toujours là, perceptible.Le terrorisme aussi. "Peu importe qui est ciblé ! Le terrorisme nous rappelle qu'il est bien là et la paix et la stabilité promises par Bouteflika ne sont décidément pas pour nous autres", nous dit au téléphone un des rares habitants dont la langue s'est déliée.Pendant que le débat s'enflamme, les troupes de l'ANP, déployées massivement à Iboudrarène, sont toujours à pied d'?uvre dans les maquis qui s'étendent du contrebas du village Bouadnane jusqu'à Aït Ouabane, dans la commune d'Akbil."Jusqu'à l'élimination de ce groupe terroriste auteur de l'attaque", promet le ministère de la Défense dans son communiqué. Selon des habitants de la région, aucun tir n'a été entendu depuis la fin de l'embuscade de samedi dernier.S LNomAdresse email
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Samir Leslous
Source : www.liberte-algerie.com