Tizi-Ouzou - Revue de Presse

Analyse du jeudi - Enlèvements terroristes



Une ressource de plus d’un milliard par mois Cette semaine, un jeune ingénieur égyptien, résidant et travaillant en Algérie, dans la wilaya de Tizi-Ouzou, a été enlevé par un groupe de quatre terroristes déguisés en policiers et dont, selon des révélations faites à un journal, certains ont été identifiés sur photos par un témoin du rapt. Dans la même semaine, un commerçant algérien a été enlevé à bord de son véhicule entre Tizi Ghennif (Tizi-Ouzou) et Chabet El-Ameur (Boumerdès) par un autre groupe de trois terroristes. Jouant son va-tout et sa propre vie, il a foncé droit vers l’entrée d’un cantonnement militaire en bordure de route, forçant les sentinelles à tirer, provoquant ainsi la mort de deux des criminels et occasionnant des blessures au troisième qui a été arrêté alors que lui-même a été grièvement atteint et se trouve dans une situation comateuse. Toujours dans la même semaine, un commerçant quinquagénaire a disparu à Boghni (Tizi-Ouzou) alors que l’hypothèse d’un kidnapping terroriste est sérieusement avancée. Ce phénomène d’enlèvements de citoyens par des groupes terroristes et qui sont libérés contre de très fortes rançons, parfois évaluées à plusieurs milliards, devient de plus en plus récurrent, notamment en Kabylie. Pour ces cinq premiers mois de l’année en cours, sans compter les trois enlèvements de cette semaine dont les enquêtes sont en cours, il a déjà fait état de six autres rapts dont celui d’un adolescent, fils d’un entrepreneur qui a été miraculeusement sauvé par une patrouille militaire dans la wilaya de Bouira. L’année dernière, il a été enregistré plus d’une quinzaine de cas. Mais cette pratique terroriste remonte, en fait, à l’année 2001 quand un citoyen (sénateur de son état) a été enlevé dans la wilaya de Tébessa par un groupe terroriste qui l’a libéré après paiement d’une importante rançon. Jusqu’à l’année 2003, de pareilles situations ont été disparates et même nulles avant de reprendre en 2005, avec un enlèvement en août, mais ce sont surtout les deux commis en décembre qui ont laissé présager de fortes appréhensions pour l’année suivante, comme il a été relevé dans ces mêmes colonnes. Et, effectivement, elle s’est achevée avec une quinzaine de cas. Sur le plan statistique, les cinq premiers mois de l’année dernière ont, eux aussi, comme l’année en cours (hormis les trois de cette semaine) compté cinq enlèvements. Ce qui pousse à envisager au moins les mêmes appréhensions pour 2007. Cependant, ce qui est curieux, c’est que l’ex-GSPC qui, ces dernières années, se permet d’afficher de temps à autre, avec un certain triomphalisme, des revendications de ces pratiques criminelles les plus diverses -y compris les faux barrages et le racket des usagers de la route qui, pour lui, sont des «barrages djihadistes» où les citoyens interceptés «font des dons d’argent» à ses terroristes-, ne parle jamais (du moins, jusqu’à présent) de ces enlèvements de citoyens pour rançonner leurs familles. La raison est que, prétendant que son terrorisme se défend de s’attaquer à des civils qui ne le combattent pas aux côtés des forces de sécurité, il n’a aucune justification dans son corpus doctrinal pour légitimer ce vol caractérisé des biens personnels et familiaux des citoyens qu’il cible. Même les «oulémas» les plus radicaux, partisans de son terrorisme auxquels il se réfère et qui se sont prononcés à travers des «fatwas» sur ce type d’enlèvements et la rançon qui va avec, l’ont autorisé comme moyen de financement mais uniquement dans la situation où les fonds récoltés n’ont pas été gagnés par leurs propriétaires par des moyens légaux et licites. Ce qui n’est évidemment pas le cas de toutes les victimes dépouillées jusqu’à l’os et où, souvent, la rançon exigée a dû être collectée par les familles et les amis à travers le pays. Toujours est-il qu’à l’heure actuelle et depuis l’année dernière, avec une moyenne qui dépasse largement le chiffre d’un milliard par mois comme ressource provenant uniquement des enlèvements rançonnés, le terrorisme a trouvé une manne financière quasi-assurée. D’autant plus que les moyens préventifs pour parer à cette pratique des enlèvements sont, autant dire, nuls. Et comme, en se basant sur les estimations actuelles, l’ex-GSPC compte encore quelque deux cents terroristes dans les rangs de ses hordes, la moyenne qui revient à chacun d’eux dépasse de plus de deux fois le salaire mensuel de l’écrasante majorité des Algériens...
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