Tizi-Ouzou - Revue de Presse

Analyse du Jeudi



Le nouveau terrorisme urbain En moins d’une semaine, la ville de Tizi-Ouzou a connu deux attentats à la bombe, en plein centre urbain. Le premier a eu lieu en fin de semaine dernière et a fait un mort et plusieurs blessés alors que le second, qui devait avoir lieu ce lundi, a été mis en échec. L’engin explosif, placé dans un bus de transport de voyageurs, avait été découvert juste à son arrivée à la gare routière de la ville avant d’être neutralisé par les forces de sécurité. Le point commun entre les deux bombes est le fait qu’elles aient été, toutes les deux, prévues pour exploser en milieu de matinée (autour de 10h) à proximité immédiate de la gare routière qui se trouve être elle-même proche à la fois du commissariat central de police et du palais de justice. C’est-à-dire à un moment de la journée où le lieu est nécessairement bourré de monde. Si le premier attentat était censé cibler la police -il y a eu effectivement perte d’un agent alors que deux autres ont été blessés, les autres victimes étant des civils dont deux femmes âgées de 27 et 49 ans-, la seconde bombe, qui se trouvait dans le bus, n’avait d’autre but que de provoquer un carnage parmi les voyageurs. L’ex-GSPC, qui continue depuis sa création il y a neuf ans, de jurer qu’il ne s’attaque pas à la population comme faisait le GIA dont il s’est séparé pour cette raison, selon lui, n’en finit pas de se contredire dans les faits. En se braquant (théoriquement) contre les forces de sécurité et les institutions de l’Etat dans les centres urbains, alors que le gros de ses actes terroristes était, jusque-là, concentré en dehors des agglomérations et se résumait à faire exploser des bombes au passage de véhicules des forces de sécurité et les faux barrages pour dépouiller les usagers de la route, l’ex-GSPC est en train d’avouer l’échec de sa stratégie première qui a profondément saigné ses rangs. Ainsi, et cela depuis une année exactement, il a commencé à se tourner progressivement vers les méthodes du GIA à ses débuts, en ciblant les centres urbains, s’estimant capable de pouvoir faire des dégâts sérieux à moindre frais. Surtout depuis qu’il a opté pour la commande à distance par téléphone portable des engins de la mort dont il a fini par maîtriser la technique. Le tout premier attentat de ce type a eu lieu, il y a une année, exactement le 30 mai 2006, dans la ville de Boumerdès, ciblant théoriquement deux policiers qui réglementaient la circulation dans un carrefour à proximité de la gare ferroviaire et qui ont été blessés tous les deux. Il a été suivi, trois semaines plus tard, par un acte similaire mais, cette fois, près de la gare routière, en blessant trois policiers. L’on pourrait s’interroger pourquoi sont ciblés particulièrement les policiers qui se trouveraient près des gares au moment des grandes affluences des usagers des trains ou des bus, si ce n’est pour atteindre la population. Surtout que ce même ex-GSPC, dans ses revendications de certains attentats, n’a pas manqué de souligner lui-même qu’il a délibérément choisi des moments très tardifs pour les commettre afin d’épargner «la vie des musulmans», selon ses termes, ayant décidé que les agents des services de sécurité et de l’Etat de manière générale ne le sont pas. C’est le cas des attentats à la voiture piégée de Reghaïa et Dergana (minuit), les attentats synchronisés de la nuit du 28 février dernier dans plusieurs communes de Kabylie (vingt- deux heures), suivis d’une même série dans la même région dans la nuit du 2 mars dernier (vingt-deux heures, également). Mais, depuis les attentats du 11 avril dernier qui ont ciblé Alger (Palais du gouvernement et commissariat de Bab Ezzouar) qui ont eu lieu en milieu de matinée dans des lieux très fréquentés par la population, il a montré que son terrorisme qu’il prétendait «sélectif» est devenu des plus aveugle. Il l’a confirmé de nouveau, le 16 mars dernier, avec les deux bombes du carrefour de la Cité Daksi dans la ville de Constantine, ciblant théoriquement des policiers. Deux ont été blessés (l’un succombera à ses blessures) mais, à côté, il y a eu huit civils parmi lesquels des malades de la clinique rénale et des citoyens qui se rendaient à leur travail dont trois femmes, à huit heures du matin. Pour le GSPC, dans sa revendication de cet acte criminel, toutes les victimes appartenaient à la police et les civils touchés sont pour lui des policiers en civil! Et cette tendance, il vient de la confirmer de nouveau avec les derniers attentats de Tizi-Ouzou. Et dire que ce même GSPC se précipitait de dénoncer et se démarquer des attentats à la bombe du GIA en milieu urbain comme celui du marché de Larbaâ (Blida, septembre 2001), de la gare routière de Taffoura (Alger, novembre 2001). Il est même allé jusqu’à accuser les forces de sécurité pour la bombe de Tazmalt (Bejaia, mai 2002) avant que le GIA n’avoue en être l’auteur. Maintenant, c’est lui-même qui le fait et le revendique. Mais il est vrai qu’aujourd’hui il n’y a plus de GIA par rapport à qui se démarquer mais Al-Qaïda comme référence, comme modèle et comme commanditaire.
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