Les dessous de l’attentat d’Adekar
Au moment où s’intensifiait le ratissage mené par les forces de sécurité dans le sud-ouest de la wilaya de Tizi-Ouzou, plusieurs actes terroristes du GSPC ont été enregistrés dans différentes zones de la Kabylie.
Alors que certains commentateurs dans certains journaux de la presse nationale ont voulu y voir des actes de «diversion», le GSPC, auteur de ces actes, est dans toute une autre dimension. Il s’agit pour lui tout simplement d’actes «minutieusement» préparés qui auraient eu lieu, qu’il fût soumis ou pas à un ratissage quelque part.
Il vient de le déclarer dans un communiqué daté du 3 septembre courant. Pour lui, l’embuscade tendue la semaine dernière à une patrouille de police relevant de la BMPJ, entre El-Kseur et Adekar, sur la RN12, faisant une dizaine de victimes entre morts et blessés et la récupération de leurs armes n’est ni plus, ni moins qu’une «bataille» pour commémorer la mort de son ancien «émir» Nabil Sahraoui, abattu par les forces de sécurité dans la même région, il y a deux ans. Et c’est avec un certain triomphalisme qu’il revendique cet attentat le qualifiant de «Bataille d’Abou Ibrahim Mustapha» du pseudonyme qu’avait porté cet «émir» qui avait, en son temps, relancé le rapprochement du GSPC avec Al-Qaïda.En signant cet attentat au lendemain de la fin du délai prévu par les dispositions de la «Charte sur la paix et la réconciliation» pour les terroristes de se «repentir», l’organisation salafiste armée a entériné dans le sang son refus catégorique de répondre à la main tendue par le pouvoir. Indépendamment de la «Charte pour la paix et la réconciliation» et ses dispositions mises en avant depuis le début de l’année en cours et qui ont abouti aux résultats que l’on sait, différemment appréciés par les partisans et les opposants de cette politique, il y a lieu de relever que le principal concerné, le GSPC en l’occurrence, et accessoirement d’autres groupes terroristes de moindre importance, s’est franchement positionné contre. Le problème est qu’il ne s’agit pas d’un débat d’idées, mais c’est bien d’attentats et d’assassinats qu’il s’agit au quotidien. En se basant simplement sur un décompte à partir de la presse nationale, l’on peut relever que depuis la promulgation des dispositions de la mise en application de la «Charte» depuis la fin février dernier, le terrorisme a perpétré des attentats dans plus d’une centaine de communes, touchant plus d’une vingtaine de wilayas. Et cette situation, dont rien n’annonce, à l’heure actuelle, un éventuel fléchissement, montre bien, et dans le sang et la mort, qu’elle évolue selon une logique totalement fermée à toute allusion à une volonté de «paix».
Un crime aussi gratuit que celui de l’attaque de la patrouille de la BMPJ d’Adekar, pompeusement revendiqué par le GSPC au moment où certaines forces politiques poussent vers une prorogation du «délai» à laisser aux terroristes de se «repentir», n’est pas un crime comme les autres même s’il en ressemble. C’est bien la première fois qu’une organisation criminelle en Algérie place ouvertement sa tuerie par écrit sur la base d’un communiqué sous un signe de «bataille», dédié à la mémoire d’un de ses chefs. Il s’agit concrètement d’un acte de guerre. Un acte dont elle ne tire absolument aucun profit de quelque nature que ce soit, si ce n’est une rancoeur injustifiable contre les défenseurs de la République. Et arrivé à ce point, le simple bon sens commanderait que la générosité contenue dont la «Charte» a atteint le moment où son discours passe à un ton plus dissuasif. Les terroristes, qui étaient jusque-là enivrés par la mort à semer et les mérites du «martyre», sont, désormais, également grisés par l’impunité qui leur est offerte. Fatalement.
Mohamed Issami
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com