Tizi-Ouzou

Analyse du jeudi



D’un terrorisme à un autre Depuis quelques jours, la presse natio-nale fait état d’un dispositif sans précé-dent des forces de sécurité contre les maquis terroristes de Tizi Ouzou qui a été précédé d’un autre dans la wilaya de Boumerdès, toujours en cours. Cette région martyre qui ne cesse d’endurer une situation depuis une décennie et demie n’est pas prête de s’en sortir malgré les gros moyens déployés par l’Etat et les sacrifices des forces républicaines sécuritaires et civiles. Et pour cause, c’est dans cette région que le terrorisme, qui continue à sévir, a installé son centre nerveux, aidé par la configuration géographique du terrain et les possibilités de menaces qu’il a toujours espéré faire peser sur la capitale, à une heure de route.Depuis l’apparition du GIA, dans sa première version, sous la férule de Mansouri Meliani, près d’une année avant l’arrêt du processus électoral en janvier 1992, et celle de ce qui a été appelé le MIA de Abdelkader Chebouti à partir de juillet 1991, une bonne partie des wilayas de Bouira, Boumerdès et de Tizi Ouzou (autour des monts de Zbarbar et Sidi Ali Bounab) a été privilégiée par les organisations terroristes pour y implanter leurs «commandements». Depuis, la lutte antiterroriste a grandement investi le terrain et réduit considérablement la géographie de la terreur et la mort qui s’est retrouvée ne pouvoir subsister que dans les forêts entre Mizrana et Draâ El-Mizane, d’où son menées des incursions en direction de ces trois wilayas. Toutes les autres tentatives d’implanter des maquis durables dans le reste de la région ont fini par avorter. La plupart des autres wilayas étant sécurisées, la lutte antiterroriste se trouve libérée pour se concentrer dans cette zone où s’est mis en place cet important dispositif dont parle la presse ces derniers jours. Le problème est que le GSPC, qui reste l’organisation terroriste dominante dans la région, semble avoir vu venir la situation qu’il vit aujourd’hui, et, au moins, depuis la mi-juillet dernier, il a commencé à s’y préparer en tenant compte à la fois des moyens dont il dispose encore et de la conjoncture politique induite par la Charte sur la paix et la réconciliation nationale. Son rejet réitéré de toute invitation au renoncement au terrorisme n’a pas empêché entre 250 et 300 terroristes d’abandonner ses rangs et rejoindre leurs familles. Ses différents appels aux terroristes et membres de réseaux de soutien libérés des prisons pour le rejoindre ont fait choux blancs. Ses réseaux de trafic d’armes ont été totalement désarticulés ou se trouvent sous étroite surveillance dans le Sud du pays. Et il sait par expérience que les ratissages répétés contre ses «fiefs» finiront par le saigner définitivement. L’issue qui lui reste pour sortir cette impasse est, comme il semble s’y préparer, d’abandonner à terme les maquis montagnards et se convertir dans le terrorisme urbain à travers des attentats ciblés et très probablement de masse dans les villes comme pour les derniers attentats de Boumerdès, Lakhdaria, Bordj El-Kiffan, Reghaïa etc. Il avait besoin apparemment d’une période de transition et de préparation pour ce nouveau redéploiement qu’il semble avoir fixé à deux mois, si l’on se réfère à son communiqué du 17 juillet dernier. Dans ce dernier, il lance un avertissement à la société d’une manière générale de rompre tout contact avec les forces de sécurité, tous corps confondus. Il menace toute personne qui continuerait, passé ce délai, à maintenir ce genre de lien. Ce qui se traduit nécessairement par des attentats envisagés dans les agglomérations urbaines. En diffusant ce communiqué qu’il a placardé, selon la presse, dans certains endroits de la wilaya de Tizi Ouzou au moins, il voulait que la mouvance islamo-terroriste dans le reste du monde sache les raisons qui l’ont amené à cibler des civils pour qu’elle ne l’abandonne pas comme elle l’a fait avec le GIA. La vérité est que la voie du GIA, il l’a déjà empruntée à partir du jour où il a rejeté toute probabilité de «réconciliation» avec la société. Mohamed Issami
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