Tizi-Ouzou - A la une

Alors qu'Ouyahia répond aujourd'hui aux députés.. L'opposition fait le procès du pouvoir



Pour le représentant du PT, le pays vit un moment politique historique avec les manifestations des citoyens de toutes les wilayas du pays.Les partis de l'opposition ont profité de la dernière journée des débats sur la déclaration de politique générale du gouvernement à l'APN pour faire le procès du système politique, l'accusant d'être responsable de la situation actuelle du pays, lui demandant de partir avant qu'il ne soit définitivement trop tard. Après une séance houleuse dans la nuit de mardi, hier, c'était au tour des chefs des groupes parlementaires d'intervenir, clôturant ainsi trois jours de débats, avant que le Premier ministre, Ahmed Ouyahia, ne réponde aujourd'hui à toutes les préoccupations des parlementaires. Dans son intervention, le chef du groupe parlementaire du Parti des travailleurs (PT), Djelloul Djoudi, a été très dur avec le pouvoir. «Cette déclaration de politique générale du gouvernement est une provocation», a-t-il d'emblée lancé, en présence de M. Ouyahia et d'autres membres du gouvernement. Pour lui, l'Algérie est devant deux choix : soit la continuité dans la même politique qui a conduit le pays à la situation actuelle, soit la satisfaction des revendications de la rue afin de préserver le pays. Pour le représentant du PT, le pays vit un moment politique historique avec les manifestations des citoyens de toutes les wilayas du pays contre le cinquième mandat. Il a affirmé que ces manifestations sont l'expression du rejet catégorique de la continuité et du fait accompli.
«C'est l'expression d'une volonté de changement pacifique et radical du système», a-t-il soutenu. S'adressant au Premier ministre, M. Djoudi a indiqué qu'on ne peut pas ignorer la situation «catastrophique» du pays et de maquiller la réalité avec des chiffres qui n'ont rien à voir avec la vie quotidienne des citoyens. «Notre crise est une crise de régime qu'on ne peut pas réformer de l'intérieur», a-t-il poursuivi, expliquant que ce sont les pratiques non démocratiques, la corruption, la non séparation des pouvoirs, la dépendance de la Justice, le mélange entre l'argent et la politique qui ont fait que l'Algérie soit là où elle en est actuellement. «La déclaration de politique générale du gouvernement a ignoré la situation catastrophique du pays», a-t-il soutenu.
Pour sa part, le MSP a résumé son avis sur le texte du gouvernement à travers un communiqué que le vice-président du groupe parlementaire a développé dans son intervention. Ainsi, le parti islamiste a considéré la présentation de la politique générale du gouvernement dans cette conjoncture «pour parler des vertus de la continuité» est une précampagne électorale et une exploitation des institutions de l'Etat en faveur de Bouteflika. Le groupe parlementaire du MSP a dénoncé les déclarations du Premier ministre sur les dernières manifestations, en évoquant les sources anonymes qui ont lancé l'appel. Pour lui, les déclarations d'Ouyahia pourraient attiser la tension.
Le parti islamiste a salué, en outre, les manifestations contre le cinquième mandat et leur caractère pacifique. Après l'intervention des chefs des groupes de l'opposition, le représentant du parti FLN, Mohamed Bouabdellah, a tenté de défendre l'action du gouvernement et du bilan du chef de l'Etat. Il a souligné que le pays a fait des pas géants dans le modernisation du secteur de la justice, appelant à renforcer le contrôle pour une meilleur gestion des dépenses publiques. Il a vanté les réalisations dans de nombreux secteurs tels que l'Habitat, l'Education, la Santé, la Formation professionnelle? Tout en reconnaissant l'existence de carences et de certaines défaillances et la mauvaise gestion, l'intervenant a affirmé que l'Algérie est devenue une «kibla» grâce à la charte pour la paix et la réconciliation nationale.
Karim Aimeur
ça a failli tourner au pugilat !
Pour évacuer les interventions des députés, la séance d'avant-hier a été levée tard dans la soirée. Un accrochage entre les députés du RCD et ceux du FLN, lors de l'intervention du député de Tizi-Ouzou, Yacine Aissiouane, a eu lieu. Ce dernier a traité les députés de la majorité de «poules», leur demandant de se taire alors qu'ils chahutaient son discours. «J'espère qu'on pourra avoir un peu de calme, nous ne sommes pas dans un poulailler. Les poules, taisez-vous !», a-t-il lancé, provoquant la colère des autres. Le président de l'APN, au lieu de calmer les esprits, a attisé la colère des représentants du RCD. «Les députés sont respectueux et ce n'est pas à vous de les traiter de poules. Je connais votre cinéma, ça fait 15 ans que je suis avec vous. Je vous connais bien !», a répliqué Bouchareb. Et au député de Tizi-Ouzou de riposter : «Vous nous connaissez et nous vous connaissons. Nous ne sommes pas des putschistes», facon de rappeler la manière avec laquelle Bouchareb a été désigné à la tête de l'APN en remplacement de Said Bouhadja.
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