
Il appartient à la jeunesse algérienne de décider du destin du pays à travers une large mobilisation qui imposera une transition démocratique», a déclaré, hier à Tizi Ouzou, Me Ali Yahia Abdennour au cours d'une conférence organisée par les étudiants de l'université Mouloud Mammeri.Insistant sur l'exigence de la mobilisation massive des jeunes pour peser dans le rapport de forces avec le pouvoir, le président d'honneur de la Ligue algérienne de défense des droits de l'homme (LADDH) a explicité aux étudiants l'enjeu d'une transition démocratique qui permettra de mettre en place des institutions élues et légitimes à travers des élections libres et générales.Le vieux militant des droits de l'homme rappellera le préalable de l'installation d'une commission électorale indépendante qui garantira un déroulement démocratique et transparent d'un nouveau processus électoral à même de faire entrer l'Algérie dans une nouvelle ère politique. «Les citoyens doivent recouvrer leur droit à élire les candidats de leur choix au niveau local et national. Ce droit a été bafoué dès l'accès du pays à l'indépendance», a dit le conférencier, qui a rappelé l'irruption brutale de l'armée des frontières à l'été 1962, accaparant le pouvoir et instaurant le règne des clans qui continuent de régenter la vie politique nationale.«Les survivants de l'ALN qui avaient mené héroïquement la guerre de Libération nationale ont été, pour les uns, poussés à l'exil, et, pour d'autres, assassinés», a-t-il encore ajouté. Devant une assistance nombreuse, l'orateur a insisté sur le rôle majeur qu'avaient accompli les chefs de la Révolution issus de Kabylie, une région qui a payé un lourd tribut pour la libération du pays du joug colonial sans obtenir, à l'indépendance, sa part de développement et l'accès aux droits politiques et culturels. «La souveraineté nationale n'a pas été recouvrée même en accédant à l'indépendance.Nous étions des sujets pendant la colonisation et nous sommes toujours dans la même situation avec ce système qui nous gouverne», a lancé Me Ali Yahia Abdennour. Il a évoqué les violations répétées des libertés démocratiques, ainsi que la dilapidation des richesses nationales avec le silence complice de la centrale syndicale et d'un Parlement non légitime. S'exprimant devant une forte assistance d'étudiants, Ali Yahia Abdennour a déclaré que «la violence ne peut pas être une solution à la violence du pouvoir. Seule une lutte pacifique et d'envergure peut influer positivement sur le cours des événements et ouvrir des perspectives démocratiques pour le pays. Plus que jamais, les jeunes doivent se mobiliser».
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Salah Yermèche
Source : www.elwatan.com