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Aït Hichem fête le tapis traditionnel Wilaya de Tizi Ouzou



Aït Hichem fête le tapis traditionnel Wilaya de Tizi Ouzou
La fête du tapis organisée chaque année dans la commune d'Aït Yahia, à Aïn El Hammam, est devenue une tradition qui attire de nombreux visiteurs.Aït Hichem, un village de la commune d'Ait Yahia, à cinquante kilomètres au sud de Tizi Ouzou vit depuis quelques jours au rythme du festival local du tapis qui se déroule du 18 au 22 août courant. Comme d'habitude, c'est l'école de garçon et le CEM de la localité qui accueillent les tisseuses et les artisans d'Ait Yahia et même des autres daïras de la wilaya. Placée sous le slogan «Pour la pérennisation du métier, la promotion et le développement du tapis», cette rencontre se veut un rassemblement des tisseuses de la région, avides de faire connaître le produit de leurs mains et en tirer quelque bénéfice. Elles espèrent également trouver acquéreur pour les objets tissés en cours d'année et qu'elles n'ont pu vendre chez elles. Cependant, celles que nous avons rencontrées sont unanimes à reconnaître qu'en ces premiers jours «les acheteurs ne se bousculent pas».
Une dame qui s'est déplacée des Ouadhias nous dit être «déjà déçue par le manque de visiteurs. Les quelques curieux qui nous ont rendu visite passent rapidement après avoir pris des photos, sans plus. Ils ne demandent même pas le prix de nos tapis».
Parmi ses ouvrages, elle nous exhibe une pièce de quatre mètre carrés en laine synthétique pour quatre millions de centimes. Elle tient à nous expliquer les critères qui déterminent son prix : «Même si l'Etat nous encourage à ouvrir des ateliers, nous arrivons difficilement à joindre les deux bouts. Les assurances, les impôts ainsi que le loyer, très élevé des locaux, engloutissent une bonne part de nos revenus».
Artisanes ou propriétaires d'ateliers, elles reconnaissent toutes que «le tapis berbère coûte cher car en plus des charges auxquelles elles font face, elles doivent aller chercher loin la laine, de plus en plus rare et vendue à des prix exorbitants». Originaire d'Ait Hichem, une tisseuse à domicile avoue avoir «connu les meilleurs moments de la fête du tapis. Je regrette ces années où de très nombreux clients, Algériens et étrangers étaient attirés par la qualité de nos tapis. Ils venaient de très loin et nous achetaient toute notre production». Ces derniers temps, on se contente de vendre de petits objets tels les sacs, les petits tapis de décoration et autres». Parlant du manque d'engouement suscité par le festival, une autre artisane d'Ait Mellal dit ne pas comprendre «ce manque d'intérêt pour l'événement».
Elle parle de «manque de publicité, en dehors du chef lieu» alors que sa voisine de stand pense que «les gens n'ont rien à donner en cette période de fêtes. La vie est chère et les pères de familles moyennes ne peuvent se permettre des tapis à cinq ou six millions de centimes». Malgré tout, rien ne dit que les derniers jours du festival n'apporteront pas plus de satisfaction en drainant la grande foule comme Ait Hichem en a déjà connue par le passé. Les tisseuses dans leur ensemble souhaitent plus d'attention des responsables «qui doivent faire un effort pour aplanir certaines difficultés dans notre intérêt, certes, mais aussi dans celui de la promotion du tapis d'Ait Hichem qui a le mérite d'avoir résisté au temps et aidé tant de générations de femmes, seules, à subvenir aux besoins de leurs ménages.» Des gestes probants à même de développer le tapis d'Ait Hichem en tant qu'atout touristique créateur d'emplois sont attendus des pouvoirs publics. A ce moment là, le festival, plus qu'une fête, aura atteint tous ses objectifs.
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