
Le problème de l'indisponibilité du lait en sachet ne cesse de jouer avec les nerfs des consommateurs de Aïn El Hammam, à 50 km de Tizi Ouzou.La population renoue avec la psychose des pénuries qui reviennent périodiquement, particulièrement en période de carême. Au niveau des points de vente, personne ne peut nous renseigner sur la fréquence des arrivages que guettent les clients à l'affût. Les bacs, désespérément vides, sont entassés sur le trottoir «en attendant que le camion livreur passe les prendre».Un grand magasin, habituellement bien fourni, n'est approvisionné que tous les deux jours, et ce, en quantités réduites, nous dit, en aparté, un employé. «L'arrivage est vite pris d'assaut par les présents qui vident les bacs, ne laissant que des sachets éventrés aux derniers arrivés. La même situation se répétera deux jours plus tard, avec les mêmes clients qui reviendront acheter le maximum de sachets que les vendeurs consentiront à leur céder», ajoute notre interlocuteur qui dit comprendre ces pauvres gens qui se constituent dès maintenant des réserves pour le mois de Ramadhan.D'interminables chaînes se forment devant les points de vente de ce produit, prisé surtout par les petites et moyennes bourses qui, comme le dit un citoyen, «ne peuvent se permettre le lait en poudre, hors de prix». «C'est surtout parce que les enfants ne peuvent pas se passer de lait que je viens faire la chaîne, sinon, les adultes prendront du thé», nous confie un sexagénaire qui monte en ville matin et soir malgré les trois kilomètres qu'il parcourt à pied. Nous observons la même carence chaque année à l'approche du mois de Ramadhan et en temps de neige. Le lait de vache cédé à 50 DA le litre, est curieusement disponible en grande quantité.Comme à chaque pénurie, les vieux réflexes reviennent.En position «de force», les commerçants favorisent leurs clients habituels en leur mettant de côté quelques sachets. Ils se justifient en disant : «Ce sont eux qui m'achètent les autres produits, pendant toute l'année. Je ne peux pas les mettre sur le même pied d'égalité que les clients de passage.» Même si l'approvisionnement semble plus important ces derniers jours, les consommateurs ne baissent pas de vigilance pour autant. Ils remplissent leurs congélateurs à nouveau, en prévision du mois sacré. Ce qui ne contribue pas à normaliser la situation.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Nacer Benzekri
Source : www.elwatan.com