Sur le plateau de Tizi-Forum, l'émission politique hebdomadaire de Radio Tizi-Ouzou, où il a défendu l'option participationniste de son parti aux prochaines élections législatives, Ahmed Djeddaï, ex-premier secrétaire national du FFS, n'est pas du tout convaincu du rôle d'une Assemblée nationale constituante de la future APN, dont les membres seront élus le 10 mai prochain.
«La future APN ne peut pas être une Assemblée constituante, elle n'aura pour mission que d'apporter des amendements à la Constitution», dira, sûr de lui, l'exdéputé du FFS, parti au sein duquel l'invité de Radio Tizi-Ouzou n'occupe, présentement, aucune fonction organique mais seulement le poste de conseiller politique auprès du premier secrétaire national. Ahmed Djeddaï, qui semble faire peu de cas de son absence sur la liste de candidatures, assigne «une mission politique» au FFS à travers sa participation aux prochaines élections. Un acte qu'il considère comme une manière de «donner de la voix aux sans-voix (et) de remobilisation de la société pour préparer l'avenir». Puis, assénant ce qui a tout l'air d'être des mises au point à ce qui continue de se dire çà et là à propos de la participation du FFS aux prochaines législatives, Djeddaï commence par réfuter l'existence de négociations sur l'octroi d'un quota de sièges qui devrait revenir au FFS comme contrepartie à sa participation. «Il n'y a ni négociations sur les quotas, ni rencontre sur le tarmac de l'aéroport de Boufarik et Aït-Ahmed n'est pas venu», expliquera le Dr Djeddaï sur le ton de la dérision. Ton qu'il utilisera pour égratigner Louisa Hanoune et son parti, le PT, avec lequel il écarte toute possibilité de coalition et qu'il accusé d'être «les sous-traitants de la présidence de la République». Puis, affichant un air grave, il ajoutera que le pays est en danger et fait face à un double défi. D'une part, sur le plan local où pèse une menace sur la cohésion sociale et, d'autre part, sur le plan régional où l'Algérie fait face à des risques de déstabilisation en raison de la situation trouble que vivent de nombreux pays voisins d'Afrique et de la région arabe. Que faire pour éviter ce genre de scénario ' Le Dr Djeddaï appelle à une mobilisation des électeurs. Selon lui, le boycott favorisera, comme en 1991, les islamistes. «S'il n'arrive pas à faire barrage à ce courant rétrograde, le FFS fera des alertes par sa présence à l'Assemblée», dira le Dr Djeddaï qui doute de la transparence des élections, avertissant, à ce sujet, que le FFS n'écarte aucune éventualité, même celle du retrait de la course, comme lors de la présidentielle de 1999, «avant ou après les élections, en cas de manquements graves». S'agissant des menaces de déstabilisation qui pèsent sur l'Algérie, l'invité de Radio Tizi-Ouzou les impute aux pratiques du pouvoir «qui nous a amenés vers cette situation de désintégration du pays», faisant référence aux manipulations récurrentes en Kabylie à travers le climat sécuritaire délétère qui, selon lui, profitera aux apprentis sorciers qui appellent à l'autonomie de la Kabylie où des cercles, que l'orateur ne cite pas, s'emploient à l'occasion de la prochaine commémoration du Printemps berbère à provoquer des troubles qui se prolongeront au-delà du 20 avril et à d'autres régions du centre du pays pour discréditer et perturber les élections. Djeddaï n'a pas manqué, par ailleurs, d'avertir sur les risques de propagation du phénomène inhérent à la déclaration d'indépendance par le MNLA du territoire touareg de l'Azawad qui «risque de faire tache d'huile».
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : S Ait Mébarek
Source : www.lesoirdalgerie.com