Tizi-Ouzou - A la une

À partir de Tizi-Ouzou



À partir de Tizi-Ouzou
Revenue dans les bonnes grâces des politiques depuis quelques jours, avec une sortie du PT remarquée mais qui n'a pas fait courir les foules, après un long «désert» du genre auquel elle n'était pas habituée, Tizi-Ouzou a renoué avec les rassemblements qui vont, manifestement, la replonger dans les ambiances pré-électorales même s'il faut souligner que, pour le moment, évoquer les législatives ou tout autre sujet ayant un lien avec des élections ne branche pas tellement de monde, pour ne pas dire quasiment personne, à part les intéressés, bien sûr.Ainsi, la première personnalité à défiler, depuis un bon bout de temps, devant l'auditoire tizi-ouzien a été Ali Benflis, jeudi, après s'en être allé inaugurer les nouveaux locaux de son parti au chef-lieu d'une région où, dit-il, à chaque fois qu'il met les pieds, lui inspire les mêmes sentiments, intenses et profonds, avant de rappeler le rôle de la Kabylie dans tout ce que le pays a eu à affronter entre épreuves, oppression et occupation. Sur les noms des leaders héros de la Révolution, ceux de personnages ayant fait l'histoire plus récente de la Kabylie, Ali Benflis ne se montrera pas avare en hommages pour, enfin, après un long préambule, s'adonner à ce qui avait tout trait à un réquisitoire en règle contre le pouvoir en place, qui a mené le pays «dans une impasse politique totale», en usant d'un parallèle historique, les évènements du 11 Décembre 1960, pour parler de l'unité des Algériens qui n'a laissé aucun choix à la puissance coloniale que celui de constater qu'en face, il y avait «un peuple rassemblé autour de dirigeants légitimes» et cette unité nationale a amené la puissance coloniale à aucun autre choix que de constater que le dessein d'une Algérie française avait vécu et que l'heure de l'Algérie algérienne avait sonné. «C'est de cette unité nationale que notre pays a, aujourd'hui, le plus besoin pour surmonter les épreuves de toutes sortes auxquelles il est confronté.» Cette unité, c'est à l'opposition «celle qui rejette la violence» de lui donner corps. Pour le président de Talaie El Hourriyet, la perte des repères historiques nous a menés à un constat implacable aujourd'hui. Une impasse politique totale, une crise économique d'une exceptionnelle gravité, et la menace dangereuse d'une montée des tensions sociales. «Cette impasse politique n'est ni accidentelle ni fortuite», selon l'analyse de l'ex-chef de gouvernement. Un système archaà'que dépassé par les événements, les mutations de la société, le produit d'un déni de citoyenneté, et puis «cette impasse politique est le produit d'un Etat et d'institutions qui ont cessé d'être l'Etat et l'institution de tous pour ne servir que des intérêts particuliers et pour ne combler de leurs faveurs que ceux qui gravitent dans la périphérie immédiate du régime en place». Enfin, pour Benflis, cette impasse politique est «le produit d'une gouvernance dont la légitimité est récusable et récusée, une gouvernance dont la représentativité est fictive, dont la crédibilité est au plus mal, dépourvue de toute confiance auprès des citoyens». Tout ceci fait qu'aujourd'hui, le pays n'est plus géré. A l'impasse politique est venue se greffer une crise économique «dont l'acuité exceptionnelle exige une gouvernance politique autrement plus effective, plus imaginative et plus performante que celle que nous connaissons et qui a révélé toutes ses limites», clame la sentence de Benflis qui n'accorde aucune espèce de circonstance atténuante au pouvoir bien que la baisse des cours du pétrole ait touché tous les pays exportateurs d'énergie. Le grand tort du régime en place est de s'être accommodé du rôle de grand distributeur de la rente et privé l'économie nationale des chances de la diversification de la création de richesses, constituant ainsi le premier obstacle à la libération des initiatives. «Comme jamais, le régime politique en place a politisé l'acte économique pour l'ériger en privilège (”?) en faveur de ses alliés et ses soutiens», accuse un Benflis rageur au fil des minutes qui s'égrenaient d'un laà'us chargé en reproches à l'encontre d'un régime auquel il impute la déstructuration de l'économie nationale alors que, contrairement à tous les pouvoirs politiques précédents, il avait la chance de disposer de 1 000 milliards de dollars. La grave crise économique que nous vivons, pour Ali Benflis, on la doit à une gouvernance «imprévoyante et désinvolte qui ne sait absolument pas quoi faire pour y faire face» et ce ne sont pas les solutions préconisées qui ont eu le don d'atténuer la colère du président de Talaie El Hourriyet. Les recours au Fonds de régulation des recettes, censé contenir l'épargne de cette génération au profit des générations à venir, puis les réserves de change, passées de 193 milliards de dollars en 2014 pour fondre jusqu'à atteindre les 120 milliards de dollars à la mi-juin de cette année, le recours à une amnistie fiscale qui n'a servi qu'au blanchiment de l'argent acquis de manière douteuse ou celui circulant dans l'économie informelle, pour enfin initier un emprunt national, dont on ne connaît pas les résultats, sont autant de subterfuges (Benflis les appellera «abris»), qui se sont révélés les uns moins protecteurs que les autres avant qu'aujourd'hui nos gouvernants n'optent pour ce que l'invité de Tizi-Ouzou appellera «un matraquage fiscal ininterrompu». Un autre»abri» qui leur permettrait, croient-ils, de tenir jusqu'à la prochaine remontée des cours pétroliers. Une politique du gouvernement qu'illustre la réduction du budget d'équipement du pays de 4 000 à 2 000 milliards de dinars, mettant ainsi en jachère le développement économique et social du pays, alors que le budget de fonctionnement de l'Etat a été soigneusement prémuni contre les mesures de rigueur et d'austérité. Si l'on doit se fier au raisonnement d'Ali Benflis, ces politiques publiques «dictées par la panique et les calculs de courte vue» dirigent droit vers la paupérisation les classes moyennes et les plus démunis vers davantage de dénuement. Un cocktail tout indiqué pour mener vers la montée des tensions sociales.S'aidant des messages du 11 Décembre 1960, qui a été avant tout et par-dessus tout une forte démonstration d'unité nationale, l'ex-chef de gouvernement appellera à éviter la désunion des rangs, l'émiettement des forces et la dissonance des voix. Un appel on ne peut plus clair à l'opposition. «Nous ne pourrons pas relever les défis actuels qui se posent à nous et nous ne surmonterons pas les épreuves politiques, économiques et sociales auxquelles nous faisons face si nos rangs sont dispersés, si chacun de nous tire dans le sens de ses seuls intérêts (”?) au détriment du grand projet national qui doit nous rassembler», dira le président de Talaie El Hourriyet à ses amis d'une opposition avec laquelle il y a largement de quoi s'unir et se rassembler pour imposer le changement.
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