Les 67 communes de la wilaya de Tizi Ouzou devront consommer les 555 milliards de dinars qui dorment encore dans les caisses. Ce reliquat est le résultat de la non-consommation des enveloppes budgétaires allouées dans le cadre des programmes de développement de 2005 à 2009 et celui de 2010 à 2014. Cela signifie aussi que des projets attendus par les populations n'ont pas été réalisés ou accusent encore des retards.
Ce sont en fait, les constats qui se dégageaient de la rencontre qui a regroupé le wali de Tizi Ouzou, Abdelkader Bouazgui, jeudi dernier avec les nouveaux présidents d'APC fraîchement installés dans leur fonction. Cette situation qui fait que les budgets alloués par l'Etat ne sont pas consommés inquiète au plus haut niveau les pouvoirs publics. C'est justement le message qu'a voulu transmettre le wali avec à l'évidence l'insistance de voir ces nouveaux élus à la tête des communes travailler pour redresser cette situation.
Par ailleurs, le constat amer dans beaucoup de communes ne doit pas laisser passer sous silence le bon travail effectué dans d'autres. Alors que des communes affichent des taux de consommation de budgets avoisinant le zéro, d'autres ont fait beaucoup d'efforts, essentiellement dans le logement rural. Pour sa part, le secteur de l'hydraulique a bénéficié d'une enveloppe de 3,5 milliards de dinars alloués à l'alimentation des communes du flanc nord. Pas mois de 7 milliards de DA sont allés au secteur de l'agriculture et de l'urbanisme. En fait, le montant des enveloppes budgétaires estimé à 555 milliards n'a pas été consommé pour des raisons qui devaient alerter les élus avant l'administration. La décennie qui vient de s'écouler a connu des promesses partir en l'air sans jamais être tenues. Le mensonge a fait que les populations sont entrées dans une colère sans précédent. Le nombre d'émeutes, de fermetures de routes et de sièges de mairie qui s'élève à des dizaines de milliers illustre bien cette relation tendue entre les élus et les citoyens.
Rien que pour l'année dernière, le nombre d'actions de colère du même genre est estimé à plusieurs milliers. Dans la majeure partie des cas, les citoyens en colère évoquaient des retards dans la livraison de logements et la gestion inéquitable de la distribution. Des raisons comme l'absence de bitumage des pistes et la mauvaise qualité des travaux en sont également derrière beaucoup d'émeutes. Le comble a cependant été atteint lors de la tempête de neige qui a frappé la région en février 2012.
Les populations ont du se résoudre à se prendre en charge alors que la plus grande partie des élus étaient absents. Certaines localités sont restées plusieurs semaines enclavées avant de se frayer un chemin dans la neige - qui a atteint, dans certains endroits, plus d'une dizaine de mètres de hauteur - par leurs propres moyens.
Enfin, bien que les maires actuels, pour leur majorité, n'aient pas à endosser la responsabilité des précédents, il n'en demeure pas moins que de tenir les promesses qui est la règle n°1 à observer.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Kamel BOUDJADI
Source : www.lexpressiondz.com