Le nombre de cas de contamination par le virus du sida (VIH) a augmenté en 2021 à Tizi Ouzou, a-t-on appris, hier, lors d'une journée d'étude au CHU Nedir-Mohamed de Tizi Ouzou.Faisant le point sur l'évolution de cette maladie dans la wilaya, les spécialistes ont révélé que la wilaya a comptabilisé, de 2014 à 2021, 190 malades, à savoir 141 hommes, 45 femmes et 4 enfants pris en charge au niveau du CHU.
Les sujets dépistés durant cette même période au centre de référence régional dédié au sida du CHU sont, quant à eux, au nombre de 2 336. En 2021, ce même centre a dépisté 166 sujets : 142 hommes et 24 femmes.
Le bilan présenté à l'occasion a fait état de 47 cas positifs en 2021 : 42 hommes, 3 femmes et 2 enfants, contre 21 cas en 2020, à savoir 15 hommes et 6 femmes, soit un rebond de plus de 50% des cas de sida.
Animant une communication sur le diagnostic virologique du VIH, le Dr L. Cherifi du service infectieux a indiqué que le VIH reste un problème majeur de santé publique de portée mondiale. "Mais grâce à un meilleur accès à la prévention, au dépistage et au suivi associé à un traitement, le taux de survie a augmenté", a-t-elle indiqué.
"Actuellement, la confirmation du diagnostic virologique de l'infection par le VIH a connu de très grands progrès grâce à la mise en place de nouvelles technologies et méthodes de dépistage. Ce qui a contribué à l'amélioration de la qualité et du délai des résultats", a-t-elle explicité, ajoutant que, néanmoins, dans les pays sous-développés, la couverture du dépistage n'est pas optimale.
Ce qui facilite la dissémination du virus. S'exprimant en marge de cette rencontre, le Pr Malika Afiri, chef du service infectieux au CHU de Tizi Ouzou, a d'emblée rassuré que la prise en charge des cas de sida s'est poursuivie normalement, malgré la crise sanitaire liée à la Covid-19.
"Les malades sont pris en charge par une équipe du service des maladies infectieuses et par des psychologues", a-t-elle rassuré, ajoutant que les moyens pour leur prise en charge existent. "Les malades sont pris en charge convenablement. Malgré sa cherté, le traitement est dispensé gratuitement.
Les bilans sont aussi gratuits", rassure-t-elle. "Le traitement est disponible dans notre centre et le nouveau guide national de la prise en charge de l'infection par le VIH a introduit de nouvelles molécules qui seront commercialisées en Algérie et administrées à nos patients", a-t-elle ajouté, précisant que ces nouvelles molécules ont moins d'effets secondaires et plus d'impacts sur le virus, ce qui est important pour le suivi et la prise en charge de ces patients.
Dans le même sillage, cette spécialiste en maladies infectieuses expliquera que lorsque le malade est pris en charge très tôt et le traitement initié très tôt avec un bon suivi, le patient peut vivre normalement et même pendant plusieurs années avec le sida. Pour ce qui est des préjugés qui entourent souvent les malades, le Pr Afiri a regretté ce genre d'attitude, estimant qu'il ne faut pas les stigmatiser.
"Ils ont une maladie qu'il faut prendre en charge. Il faut juste leur expliquer les moyens de prévention pour qu'ils ne contaminent pas leur entourage", a-t-elle affirmé, insistant sur le fait que ces malades peuvent étudier et travailler normalement. "Ils doivent mener une vie tout à fait normale", a-t-elle insisté.
K. TIGHILT
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Kouceila TIGHILT
Source : www.liberte-algerie.com