
Un conflit social bloque, depuis trois semaines, le chantier de réalisation d'un téléphérique au chef-lieu de wilaya.Les travailleurs du chantier du téléphérique de la ville de Tizi Ouzou ont entamé hier leur 20e journée de grève pour exiger la satisfaction de leurs revendications. Ils demandent le versement régulier des salaires, le paiement des journées fériées antérieures, la conclusion d'une convention collective, l'affiliation à l'assurance et à la sécurité sociale au niveau de la CNAS de Tizi Ouzou, ainsi que la désignation d'un correspondant social auprès de cette agence. Les autres revendications concernent les conditions de travail (sécurité, hygiène, tenue de travail complète).Les protestataires réclament, en outre, la réintégration immédiate d'un délégué syndical dans son poste de travail et le rétablissement de ses droits. Selon des grévistes, leur employeur n'a pas voulu lâcher du lest malgré la légitimité de leurs revendications. Une réunion regroupant les représentants des travailleurs et la direction de l'entreprise Bapiva chargée de la réalisation du projet s'est tenue le 28 décembre dernier, avons-nous appris, hier, auprès de la section syndicale. La rencontre n'a pas abouti aux résultats escomptés allant dans le sens de la reprise du travail.Dans une déclaration remise à El Watan, les travailleurs déplorent l'attitude du chef du projet : «Nous considérons que le procès-verbal de réunion est un chantage pur et simple à l'encontre des membres de la section syndicale. Comment demander à des travailleurs de renoncer à leurs droits fondamentaux que sont la création d'une section syndicale et l'adhésion à une organisation syndicale qui sont pourtant sacralisés par la Constitution (articles 56-57, chapitre 4).Comment peut-on demander en contrepartie des versements de salaires (fruit de notre labeur), la dissolution de la section syndicale et la destruction de son cachet '». Pour eux, «un tel chantage, qui constitue une violation des textes fondamentaux, dénote si besoin est des intentions de l'employeur à vouloir annihiler toute velléité des travailleurs à défendre leurs droits fondamentaux dans un cadre légal». Les membres de la section syndicale (UGTA) dénoncent également «la pression exercée par ce même employeur sur des travailleurs, dont le seul souci est de gagner honnêtement et dans la dignité, au prix d'efforts d'un labeur consenti quotidiennement, leur vie et satisfaire les besoins de leur famille». Hier, lors de notre virée à 10h, à la future station située dans l'enceinte de l'OPOW de Tizi Ouzou, tout était à l'arrêt. Depuis le 17 décembre dernier, tient-on à préciser. Une banderole annonçant la poursuite du mouvement de grève est accrochée au mur du stade. «Nous ne trouvons même pas de marteaux sur le chantier. Comment voulez-vous qu'on avance dans notre travail. Nos collègues techniciens français de l'entreprise Poma ne comprennent pas ce laisser-aller de la partie algérienne pour un projet aussi important pour la région», lance, dépité, un travailleur rencontré sur les lieux. Toutes nos tentatives pour rencontrer les responsables de Bapiva (Algérie) ont été vaines.Entamé en juillet 2013 pour une durée de 24 mois et doté d'une enveloppe de 5 milliards de dinars (50 millions d'euros), ce projet de transport par câble (téléphérique et télécabine) compte deux stations (départ et arrivée) (Bouhinoun et Redjaouna) ainsi que quatre stations intermédiaires, au niveau de la nouvelle ville de Tizi Ouzou, du stade du 1er Novembre, du CEM Babouche et du sanatorium Belloua. A voir le taux d'avancement des travaux de ce chantier lancé par le Premier ministre Abdelmalek Sellal en juillet 2013, il est utopique de croire que le téléphérique de Tizi Ouzou puisse prendre son envol avant janvier? 2018.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Ahcène Tahraoui
Source : www.elwatan.com