
En pénétrant au centre commercial dit des «191 locaux» route d'Alger, au centre-ville de Tiaret, on reste à la fois ébahi par le gâchis mais ravi de voir certains, à l'exemple d'Ahmed Belfodhil, réussir dans leur entreprise après tant d'années de galère et d'insurmontables obstacles dressés par une bureaucratie étouffante.Ahmed, «artisan décorateur ébéno-artistique» comme il se définit lui-même, âgé de 32 ans, est devenu, grâce à son opiniâtreté et son amour du métier, un des exemples de la réussite entrepreneuriale dans la ville. Dans sa minuscule boutique pourtant située au sous-sol du centre, Ahmed a réservé une grande partie pour l'atelier.A l'origine, Ahmed faisait partie d'un groupe de décorateurs pour théâtre. Ayant appris l'art du décor, les accessoires, les costumes donc au contact avec la broderie, la maroquinerie, la mode et la sculpture dans le milieu théâtral, il a vite fait d'acquérir les rudiments d'un métier n'ayant pas encore pignon sur rue. Des atouts qu'il a su forger de par sa proximité avec son grand-père, l'un des tout premiers menuisiers de la région. Sa maîtrise des techniques traditionnelles et sa connaissance des matériaux naturels l'ont projeté au-devant d'une dure réalité : s'adapter à la mode en vogue, celle dédiée aux métiers du bois et toutes ses déclinaisons, dont des salons devant être revêtus de tissu, cuir et matériau noble.La tâche est ardue mais au bout du compte, Ahmed s'en est sorti avec d'appréciables commandes au point qu'il est devenu aujourd'hui le fournisseur attitré pour au moins cinq boutiques bien situées en ville en plus d'une autre à Tissemsilt. Avant cette relative notoriété, Ahmed est passé par des années de dèche qui l'ont amené à piailler dès lors que les services de l'APC d'un côté et l'ANSEJ de l'autre n'arrêtaient pas de bousculer sa quiétude. Mais au final, l'ANSEJ, qui ne lui a consenti que 75 millions de centimes de crainte de ne pas le voir rembourser, a révisé sa stratégie vis-à-vis de lui. Idem pour les services de l'APC. De la production de tableaux sculptés sur bois ou à base de silicone, Ahmed excelle, depuis trois ans, dans la fabrication de salons haut de gamme qu'il reproduit sur catalogue pour les présenter aux potentiels acheteurs de gros ou celui du détail.Son outillage de base reste les scies pour le traçage, marteaux et râpes, ceux pour le façonnage et le serrage, la sauteuse, le rabot, la défonceuse, la ponceuse. Les produits utilisés restent outre le bois, le cuir, l'éponge, les tissus et de l'ingéniosité personnelle. Devenu un créateur d'ambiance et spécialiste du design, ses commandes viennent des administrations, du grand public mais aussi pour servir les hôtes de marque de la région. «On travaille à la carte et les prix sont fixés selon les modèles mais aussi la qualité des produits utilisés». Sur les murs de son local sont accrochés de magnifiques tableaux mais aussi des attestations dont celle délivrée par le CFPA. Son sésame à lui. Plusieurs jeunes apprentis sont déjà passés sous sa main et c'est dire comment ça marche !
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Fawzi Amellal
Source : www.elwatan.com